Les avis sur les écrans solaires

Prudence avec les avis de consommateurs sur internet

Près de la moitié des écrans solaires les plus populaires et les mieux notés sur le web, ne satisfont pas aux recommandations de protection solaire de l’American Academy of Dermatology (AAD).

Contrôler son exposition cutanée aux rayons ultraviolets (UV) est le moyen le plus efficace de réduire le risque face à tous les types de cancers de la peau et l’American Academy of Dermatolgy (AAD) recommande de protéger sa peau par l’utilisation quotidienne d’un écran solaire présentant un indice de protection SPF 30 minimum, offrant une protection à large spectre contre les rayons UVA et UVB.
Les avis de consommateurs sur des sites web tels que Amazon, peuvent souvent offrir un bon aperçu sur la qualité d’un produit. Cependant, un article publié en ligne par JAMA Dermatology, interroge sur l’idée que les avis des consommateurs sur le web, peuvent parfois faire plus de tort que de bien.
Shuai Xu, MD, MSc, de Northwestern University Feinberg School of Medicine à Chicago et les co-auteurs de cet article, ont effectué une recherche du mot-clé « sunscreens » sur le site américain de vente en ligne Amazon.com, en décembre 2015.
L’équipe a ensuite sélectionné le premier centile des produits solaires ayant reçu une note moyenne de la part des consommateurs d’au moins quatre étoiles ou plus. Ils ont également recueilli des données descriptives, dont l’indice SPF, le prix et les ingrédients actifs, en plus des cinq commentaires les plus utiles et pertinents pour chaque produit. Sur les 6 500 produits catégorisés comme « écrans solaires », ils ont choisi les 65 premiers pour leur analyse.
Pour ces 65 écrans solaires, Shuai Xu et ses collègues ont examiné à quel point ceux-ci répondaient aux recommandations minimales de l’American Academy of Dermatology – à savoir, un indice minimal SPF 30 à large spectre et une résistance à l’eau et à la transpiration – et les chercheurs ont été surpris de constater que pour 40% de ces écrans solaires, les performances attendues étaient jugées insuffisantes.
Au total, 40% des écrans solaires les mieux notés sur Amazon.com ne remplissent pas les exigences de recommandation de l’AAD, principalement en raison d’une résistance insuffisante à l’eau et à la transpiration.
L’étude a également révélé que les prix des écrans solaires varient considérablement – de 68 cents l’once à 23,47 $ – mais que le prix n’est en rien lié à l’indice SPF. Les écrans solaires résistants à l’eau avaient tendance à être plus coûteux, les produits sous forme de crèmes étaient plus chers que les lotions et celles-ci plus chères que les sprays.
L’article suggère que « les recommandations des dermatologues à leurs patients, en matière de protection solaire, devraient être des produits présentant un équilibre entre cosmétique agréable, coût et correspondances aux directives de l’AAD ».
Aussi, la plupart des produits analysés avançaient des caractéristiques additionnelles à leur rôle de protection solaire. Les auteurs soulignent donc, que les consommateurs doivent être sensibilisés au fait que les produits estampillés « pour peaux sensibles », « sans conservateurs » ou « non comédogènes » sont des arguments marketing et non des normes de performance, au contraire des indices SPF qui eux, sont réglementés par la Food and Drug Administration (FDA).
L’étude conclu que « Les dermatologues devraient informer et sensibiliser leurs patients sur le fait que les produits solaires doivent en priorité proposer une photoprotection adéquate, outre les promesses marketing qu’ils affichent ».

Publié dans Body Language N12

Author: Body Language

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