La barrière cutanée

cutane2La Barrière cutanée

La fonction protectrice de la peau, essentielle mais à l’équilibre fragile, est aussi vulnérable aux multiples agressions extérieures, notamment certains produits cosmétiques ou actes médico-esthétiques. Après un rappel du fonctionnement des propriétés protectrices de la peau, Dr Tiina ORASMÄE-MEDER revient sur l’importance d’en tenir compte dans sa pratique, par une préparation ou une restauration de la barrière cutanée avant d’entamer une prise en charge esthétique.

La peau, organe le plus vaste, est en quelque sorte une frontière entre le corps et l’environnement extérieur, plutôt hostile. Telle une pellicule vivante, élastique et étanche, elle isole le monde intérieur de l’organisme (majoritairement constitué d’eau), de l’atmosphère extérieure relativement « sèche ».

La fonction protectrice de la peau humaine est sans doute la plus importante. Il s’agit d’une protection très complexe, à la formation de laquelle presque tous les systèmes du corps – sanguin, lymphatique, nerveux, immunitaire et endocrinien – participent inévitablement.

Première ligne de défense du corps contre toutes variétés de pathogènes, virus et champignons, toxines, irritants, allergènes et divers types de rayonnements, la peau remplit également une fonction thermorégulatrice – activant des réactions adaptatives lors des changements de température environnementaux. Enfin, la peau opère une protection physique des organes et des systèmes internes contre les blessures mécaniques. La régénération de la peau est étroitement liée aux processus régénératifs de l’organisme dans son ensemble.

Néanmoins, si la fonction protectrice d’une peau saine lutte sans relâche contre les attaques du monde extérieur, elle n’est pas pour autant une pellicule impénétrable et sa perméabilité sélective est une qualité inestimable dans son mécanisme de protection. Le fait que certaines substances pénètrent dans les couches superficielles et profondes de la peau, mais aussi que d’autres soient évacuées, participe au maintien de l’homéostasie et à la santé globale du corps.

Le microbiome

Si l’anatomie de la peau est parfaitement connue, les processus d’interactions cellulaires, la régénération et la dégradation cellulaire nous réservent encore de belles découvertes. Certaines données recueillies par les scientifiques cette dernière décennie n’ont pas encore été complètement analysées et pourraient influencer nos approches thérapeutiques dans le traitement des maladies cutanées, tout comme dans les procédures médico-esthétiques, notamment les études sur le microbiome de la peau et son rôle dans le maintien de la fonction protectrice cutanée.

Un projet global d’étude du microbiome humain (Human Microbiome Project) a d’ailleurs débuté en 2008, dont le but est d’identifier tous les microorganismes vivant à l’extérieur et à l’intérieur du corps humain et comment leurs activités affectent la santé.

Longtemps, la présence de microorganismes sur la surface de la peau a été considérée comme responsable du développement de pathologies cutanées, à l’origine de troubles esthétiques ou de comportement purement neutre. La stratégie de traitement des maladies dans la pathogenèse desquelles le rôle d’un agent infectieux a été prouvé, était la thérapie antibactérienne et le nettoyage cutané intense.

Aujourd’hui, les connaissances acquises grâce à l’étude sur le microbiome permettent d’établir la relation entre la condition du microbiome et les diverses capacités de protection immunitaire de la peau.

Les bactéries saprophytes présentes sur la peau produisent des substances anti-bactériennes, en particulier des peptides antimicrobiens qui inhibent le développement d’une microflore pathogène, certaines synthétisent des substances anti-inflammatoires et d’autres soutiennent le fonctionnement de l’immunité adaptative. En général, le microbiome d’une peau saine a une activité antibactérienne, antivirale et antifongique, contribuant à la protection de la peau et du corps dans son ensemble, contre les diverses lésions infectieuses.

Cette théorie est confirmée par le changement des caractéristiques du microbiome de peaux sujettes à des maladies infectieuses, dont le traitement visera à restaurer le microbiome et à éliminer des micro-organismes pathogènes, en vue d’une disparition des symptômes et d’une amélioration assez rapide de la condition générale de la peau. Cette thérapie consiste à utiliser divers prébiotiques, probiotiques et symbiotiques, dont l’étude et le développement sont désormais activement menés dans les nombreux centres de recherche du monde entier.

Le microbiome est directement dépendant de l’état du film hydrolipidique de la peau, formé d’un mélange de sébum produit par les glandes sébacées, et de l’eau et du sel sécrétés par les glandes sudoripares de la peau. Le film hydrolipidique est à la fois un terrain fertile pour microbiome et une barrière chimique aux agents infectieux, neutralisant les substances nocives : les toxines, les irritants et allergènes, la pollution. Le sébum mélangé à la sueur adoucit la couche cornée, retient l’humidité et réduit la réactivité des récepteurs cutanés, créant un sentiment de confort.

Le microbiome affecte également le processus de renouvellement cellulaire de la couche cornée. L’élimination et le remplacement continu des « blocs de protéines » – les kératinocytes, et de ses enveloppes lipidiques, est nécessaire pour maintenir la fonction protectrice de la peau. Cependant, la vitesse et l’intégralité du renouvellement de la couche cornée déterminent la qualité de la fonction protectrice de la peau : un renouvellement trop lent entraine une sécheresse des couches superficielles – les cornéocytes, qui perdent leur capacité à retenir l’humidité en surface (ceci peut être dû à la dégradation de glycoprotéines, ainsi qu’à l’oxydation et la destruction des lipides lamellaires).

Un renouvellement trop rapide, par exemple à la suite d’un choc traumatique, conduit à un amincissement cutané et à une perturbation du fonctionnement de la couche cornée, entrainant une irritation de la peau et une sensibilité accrue.

La fonction protectrice active de la couche cornée peut avoir une importance vitale lors des brûlures thermiques, sachant que la mort liée aux brûlures est associée à deux facteurs principaux : à la perte d’humidité et d’électrolytes, et au développement d’infections bactériennes, causée par l’affaiblissement important ou total des qualités protectrices de la barrière cutanée endommagée.

L’anatomie utile

L’épaisseur moyenne de la peau d’un adulte Européen est d’environ 2,1 mm, dont 0,1 mm (100 μm) pour l’épiderme 1.

La couche cornée est un système de multiples couches, environ 16 2, constituées de deux composants : des cornéocytes horizontaux entourés de membranes lipidiques. Les cornéocytes de la couche cornée n’ont pas de noyaux et sont des cellules squameuses mortes, plates et minces, remplies de kératine. La matrice entre les cornéocytes se compose de lipides déposés dans de nombreuses couches lamellaires, interconnectées par des composants de liaison intercellulaire – les cornéodesmosomes.

La fonction de barrière cutanée est déterminée par tous ces composants, de sorte qu’un changement dans les caractéristiques de l’un d’eux – la composition des lipides, la quantité de kératine, etc. – conduit à une détérioration des propriétés protectrices de la peau.

La formation de l’épiderme et de la couche cornée est un processus complexe de prolifération, de différenciation et de mort cellulaire, qui assure un renouvellement tissulaire constant. La fin de la prolifération des kératinocytes déclenche leur différenciation en cornéocytes et leur migration dans le stratum corneum. Les kératinocytes de la membrane basale sont capables de proliférer et de se différencier en progressant de la couche basale vers la surface de la peau. Ce processus se conclut par la perte du noyau et la desquamation.

Dans le processus de différenciation des kératinocytes et leur transformation en cornéocytes, les cellules synthétisent une grande quantité de kératine (protéine protectrice) alors que leurs organelles, y compris le noyau, sont progressivement remplacées par les fibres kératiniques. Ce processus prend environ 6 à 7 semaines 3 et peut ralentir jusqu’à 75 jours avec l’âge. La vitesse du processus de renouvellement cellulaire peut varier avec certaines pathologies comme le psoriasis par exemple, dont le renouvellement peut s’accélérer sur 12 – 22 jours , voire 3-4 jours4. En moyenne, la formation de la couche cornée chez une personne en bonne santé est de 1,15 couche 5 au cours de la journée et la durée du renouvellement cellulaire complet de la couche cornée est d’environ 14 jours 6.

L’épiderme humain comprend plusieurs structures constamment renouvelées : les follicules pileux, les glandes sébacées et l’épiderme inter-folliculaire 7.

L’épiderme interfolliculaire, principal objet d’intérêt de la cosmétologie, a été segmenté selon sa structure, fonction et anatomie – chaque couche de l’épiderme maintenant le processus de renouvelle- ment et la stabilité de la structure 8.

Le processus cinétique de l’épiderme cellulaire comprend la prolifération (naissance, maturation et croissance), la mort cellulaire spontanée, l’apoptose (mort cellulaire programmée) et la desquamation (élimination des cornéocytes). Tous ces processus sont localisés dans les différentes couches de l’épiderme – la prolifération au sein de la couche basale, la desquamation dans le stratum corneum – et surviennent en conjonction avec d’autres cellules de la peau : les mélanocytes, les cellules de Langerhans et de Merkel.

Les kératinocytes représentent environ 95% de toutes les cellules de l’épiderme, les 5% restantes sont des cellules qui détectent, traitent et neutralisent en permanence les toxines, allergènes, irritants et agents nocifs. Donc les mélanocytes, dans lesquels le pigment de mélanine est synthétisé, absorbent le rayonnement ultraviolet et les cellules immunitaires reconnaissant les changements précancéreux dans les kératinocytes épidermiques et autres cellules, dirigeant vers ces cibles des lymphocytes T cytotoxiques – capables de détruire de manière ciblée cellules anormales et agents pathogènes.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que les cellules de l’épiderme sont situées dans un ordre géométrique assez strict, correspondant à la structure des unités dites épidermiques 9,10. La structure des unités est formée au cours de la mitose des cellules, suivant l’alignement dans les « colonnes de cellules » traversant la membrane basale vers la couche cornée. Les mélanocytes et les cellules de Langerhans sont des cellules dendritiques, créant ainsi leurs propres unités, tout en gardant un contact étroit avec les kératinocytes11. Chaque unité épidermique de mélanine, contient un mélanocyte associé à 36 kératinocytes et offrant une protection contre les dommages causés par les rayonnements. Chaque unité des cellules de Langerhans assurant une protection immunitaire, comprenant une cellule de Langerhans et 53 cellules épidermiques, (ce rapport étant stable pour les différentes parties de la peau.)12

L’étude sur le dérèglement des fonctions de la barrière cutanée des peaux sujettes au psoriasis, a révélé des caractéristiques du processus de renouvellement qui expliquent le phénomène d’augmentation de l’épaisseur de l’épiderme dans les zones de plaques psoriasiques. Le psoriasis provoque un dérèglement du renouvellement de la peau, à savoir une hyper-prolifération des kératinocytes avec un ralentissement de leur apoptose.13,14

Les couches épidermiques

Chaque couche de l’épiderme joue un rôle particulier dans la protection globale de la peau. Dans le stratum spinosum sont formés les cornéodesmosomes, responsables du maintien des cellules épidermiques dans un ordre spécifique pour assurer la formation des unités, puis leur migration vers la couche cornée.

La synthèse des kératohyalines (une protéine structurale observée sous forme de granules dans le cytoplasme des cellules du stratum granulosum) et des corps lamellaires est à l’origine de la barrière cutanée. Ces corps lamellaires contiennent un mélange de céramides, de cholestérol, d’acides gras libres (le plus important est l’acide linoléique) et des enzymes, qui forment les lipides physiologiques indispensables à la formation d’une barrière cutanée saine.

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Enfin, la couche hydrolipidique comprenant les lipides du sébum, des lipides physiologiques des kératinocytes, la sécrétion d’eau des glandes sudoripares, ainsi que des protéines (kératohyaline, envoplakine et périplatine), est formée dans la couche supérieure de l’épiderme – le stratum corneum.

Des lipides, des glycoprotéines adhésives et les protéines précédemment citées, forment un substrat à partir duquel des cornéocytes créent des enveloppes structurales et sont impliqués dans la formation des facteurs d’hydratation naturelle de la peau (FNH) et dans le maintien de l’équilibre osmotique. En tant que FNH, l’urée joue également un grand rôle grâce à ses importantes propriétés de rétention d’eau.

Les FNH sont très nombreux, dont des peptides de faible poids moléculaire, du potassium, calcium, magnésium, des composés iodés, des chlorures, de l’acide lactique et de l’acide pyrrolidone carboxylique (PCA), ainsi que des sucres et des acides aminés libres. 15

Bien que techniquement les cornéocytes ne peuvent pas être considérés comme des cellules vivantes, ils jouent un rôle important dans la fonction de protection, formant une structure stable, protégeant physiquement la peau contre les dommages mécaniques, supportant l’élasticité et la douceur de la peau, et maintenant une hydro-régulation de la barrière cutanée. L’épaisseur de la couche cornée est l’un des facteurs les plus importants dans l’auto-défense des cellules cutanées contre le rayonnement ultraviolet.

Le pH

L’équilibre acido-basique est le facteur de protection chimique de la peau. Le pH de la couche cornée s’étend de 4,0 à 5,5 (5,5  étant caractéristique des zones avec abondance de glandes sudoripares) et le pH de la couche cornée du visage d’une peau saine est plus proche de 4,0 à 4,5. La plupart des microorganismes pathogènes, en particulier le Staphylococcus aureus et le Pseudomonas aeruginosa, ont besoin d’un pH de 7,0 pour la reproduction et une diffusion réussie du processus infectieux.

Les éléments suivants de la fonction protectrice cutanée sont effectifs seulement avec un pH bas :

  • Maintien de l’intégrité de la barrière cutanée au contact avec des alcalis, en particulier avec le savon ;
  • Inhibition des réactions inflammatoires par inhibition de la synthèse des cytokines primaires (IL-1, IL-6, TNF) ;
  • Maintien de la cohésion des cellules de la couche cornée, car la desquamation via les actions de la trypsine et de la chymotrypsine à pH faible, montrent une activité plutôt faible, mais au fur à mesure que leur pH augmente, leur activité augmente également.16

La perméabilité cutanée

L’attention des chercheurs a toujours été concentrée sur l’étude de la perméabilité cutanée. Comprendre le processus et les mécanismes de pénétration des substances dans la peau est la clé du développement de traitements contre les pathologies communes, telles que le psoriasis ou les dermatites. Évidemment, les lipides (céramides, cholestérol et acides gras libres, en particulier linoléique) jouent un rôle majeur dans l’évolution de la perméabilité de la peau. Tous ces lipides sont polaires, donc capables de lier à la fois les molécules hydrophiles et hydrophobes. Chez une peau saine, le taux de lipides est assez stable : 50% de céramides, 30% de cholestérol et 20% d’acides gras libres.

Chez une peau jeune, le rapport peut être de : 1 : 1 : 1.

La quantité de céramides du stratum corneum (phytosphingosine, sphingosine, hydroxysphingosine, sphinganine, glucosylcéramide, acylcéramide et epidermosine17) est réduite chez les patients ayant une peau sensible ou atteinte d’eczéma, tandis que le nombre d’enzymes cataboliques détruisant les céramides peut être multiplié par 5.

La quantité de cholestérol dans la couche cornée de la peau dépend de son niveau dans le corps. Un régime avec restriction du cholestérol, très populaire dans de nombreux pays, ainsi qu’une utilisation à long terme de médicaments abaissant le taux de cholestérol sanguin (statines), réduit aussi la quantité de cholestérol dans la couche cornée, modifie l’équilibre des lipides et en conséquence, perturbe le fonctionnement naturel de la barrière cutanée. Ceci peut conduire non seulement au développement de troubles cosmétiques, mais également à des maladies de peau.18

L’hydratation naturelle de la peau

L’eau représente 20 à 35% du poids de la couche cornée d’une peau saine. Situées entre les couches des espaces intercellulaires lipidiques lamellaires, les particules d’eau sont liées par les extrémités hydrophiles des lipides essentiels. Les FNH représentent quant à eux environ 10% du poids de la couche cornée, dont certains collectent l’humidité atmosphérique – plus l’air ambiant est humide, plus il est facile de maintenir l’hydratation. Autrement dit, l’hydratation de la peau peut être améliorée grâce à l’utilisation de produits topiques contenant de l’eau, d’agents occlusifs capables de retenir l’eau en sur- face et enfin, des ingrédients favorisant le transport par voie cutanée de l’eau dans la couche cornée, par l’activation du système d’aquaporines.

Voici quelques substances ayant cet effet : le glycérol, l’urée, le PCA, le miel, l’acide lactique, le propylène-glycol, l’acide hyaluronique, la gélatine, le panthènol et le sorbitol. Parmi les agents occlusifs les plus couramment utilisés nous pouvons citer : les huiles minérales, diméthicone, cyclométhicone, la lanoline, la cire d’abeille, le squalane, les cires de Carnauba et de Candelilla. Il existe également des émollients non-occlusifs capables de bloquer l’humidité dans la couche cornée : l’huile de ricin, l’huile de jojoba, le glycéryl, l’octyle, le stéarate de stéaryle, le myristate d’isopropyle, le palmitate et d’autres.

Le niveau d’hydratation de la couche cornée dépend aussi de la vitesse de desquamation. Avec l’abaissement du niveau d’eau, des enzymes hydrolytiques, trypsine, chymotrypsine et d’autres protéases, perdent leur capacité à détruire les cornéodesmosomes et créent une accumulation de cornéocytes à la surface de la peau – c’est l’hyperkératose, manifestée par une rugosité de la peau, l’apparition de rides et d’hyperpigmentation cutanée.

Le niveau d’hydratation cutanée est donc l’un des éléments clés de la protection naturelle de la peau. Avec une sécheresse accrue de la peau, comme mentionné ci-dessus, le processus naturel de desquamation des cornéocytes ralentit, la barrière lipidique s’affine et devient carencée. En conséquence, la protection physique est affaiblie, ainsi que la résistance aux agents infectieux, toxines et irritants.

À l’inverse, une hydratation excessive peut aussi se développer, notamment suite à l’utilisation de produits cosmétiques inadéquats ou à une occlusion excessive (utilisation de gants en latex, plastique ou caoutchouc) et peut alors augmenter significativement la perméabilité de la peau19, ce qui peut conduire à la pénétration d’agents infectieux et irritants dans les couches profondes de la peau.

Ces deux conditions se traduisent par un changement de microbiome, qui à son tour aggrave les changements pathologiques de la peau.

La restauration cutanée

La barrière chimique de la peau comprend non seulement la couche acide et lipidique mentionnée ci-dessus, mais également deux autres groupes de substances qui fournissent une réponse rapide aux dom- mages cutanés :

• Les modificateurs de la réponse biologique (MRB), y compris les cytokines, les facteurs de croissance et certains minéraux ;

• Les molécules anti-inflammatoires qui lient les facteurs pro-inflammatoires et permettent de réduire la sévérité des réactions inflammatoires liées aux diverses lésions cutanées – ce groupe comprend des antioxydants, certaines enzymes et des minéraux.

Les lipides s’avèrent irremplaçables au succès de la réponse biologique immédiate et à l’efficacité de la restauration de la peau après un traumatisme. La synthèse des lipides se déclenche immédiatement après des dommages cutanés. Dans les 30 premières minutes, des modificateurs de la réponse biologique sont libérés, parmi lesquels des cytokines, des facteurs de croissance, de l’histamine et d’autres sub- stances, tout en libérant simultanément des lipides. Les 30 minutes suivantes, la synthèse du cholestérol et des acides gras libres augmente considérablement et après une heure, on observe une augmentation de la synthèse des céramides.

En seulement 40 à 45 minutes après la blessure, les lipides sont complètement restaurés dans la couche cornée de la peau et le niveau d’hydratation remonte à 90% du niveau original. La synthèse de l’ADN et la sécrétion de nouveaux corps lamellaires contenant des lipides clés prennent de deux à six heures. Des troubles du processus de régénération et de renouvellement de la peau sont caractéristiques de diverses pathologies cutanées.20

Les dommages d’origine environnementale
Les dommages d’origine environnementale peuvent également entraîner le développement d’un déséquilibre dans le processus de restauration de la peau et l’on remarque un dysfonctionnement de la barrière cutanée de plus en plus fréquent dans le monde. Notamment, 25 à 41% des enfants de moins de dix ans vivant au Royaume-Uni ont reçu un diagnostic de dermatite atopique, traitée avec plus ou moins de succès.22 Cette condition est caractérisée par un manque significatif de céramides, de cholestérol, d’acides gras libres, d’urée, de filaggrine et de certaines protéines (SPRP, S100).22

La température

Les troubles de fonctionnement de la barrière protectrice de la peau peuvent être provoqués par des changements de conditions environnementales. Une température de l’air supérieure à 30-35 degrés Celsius provoque une dilatation des capillaires, une évaporation de l’humidité en surface de la peau et une perte en eau trans-épidermique (TEWL). Un climat chaud peut donc avoir une influence négative sur la peau : sécheresse cutanée, sensibilité accrue, développement de rougeurs persistantes, tout comme les professions nécessitant de rester proche d’une source de chaleur intense, chefs de cuisine ou pâtissiers, qui présentent donc un groupe à risque.

Mais une exposition à des températures basses est également défavorable, ainsi qu’une augmentation et une diminution de l’humidité dans l’air. Une sensibilité accrue de la peau, de l’irritation, des démangeaisons et une sécheresse cutanée sont des manifestations communes aux patients habitant sous un climat continental.23 Les produits cosmétiques habituellement utilisés – crèmes hydratantes, nourrissantes et protectrices – peuvent alors paraître inefficaces et parfois même créer un inconfort durant les périodes froides.24

Les rayonnements

Les facteurs qui peuvent perturber et endommager la barrière protectrice de la peau sont très nombreux. Le plus célèbre d’entre eux est le rayonnement – ultraviolet de type A et type B (UVA, UVB), rayonnement X. Les dommages causés à la peau par les rayons X sont souvent négligés, alors qu’au cours d’une radiothérapie contre le cancer, l’apparition de lésions cutanées est très fréquente et nécessiteraient un traitement axé sur la restauration des propriétés protectrices de la peau.

Les dommages UV sur la peau sont bien étudiés et les moyens de la protéger contre les rayons du soleil sont aujourd’hui nombreux, entre la multitude de produits cosmétiques de protection solaire ou de vêtements protecteurs. Malheureusement, beaucoup de gens n’ont qu’une idée très approximative des règles de base d’une bonne protection solaire et l’éducation des patients dans ce domaine devrait être systématiquement intégrée aux conseils dermatologiques et cosmétiques prodigués.

Les polluants atmosphériques

Il existe un groupe de facteurs nocifs, réunis sous le nom commun de « polluants atmosphériques », divisés en deux sous-catégories :

Chimiques :

  • Particules atmosphériques solides
  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
  • Composés organiques volatils (COV)
  • Ozone troposphérique
  • Fumée de cigarette
  • Oxydes d’azote et de soufre

Physiques :

  • Rayonnement ultraviolet
  • Lumière visible
  • Rayonnement infrarouge
  • Rayonnement ionisant 25

Presque tous ces facteurs affectent plus ou moins la peau des habitants des grandes villes et des zones où la pollution de l’air n’est pas seulement industrielle, mais naturelle. Selon l’environnement, l’intensité d’exposition et l’intégrité de la barrière cutanée, les mécanismes d’action sont différents, mais agissent par la stimulation du stress oxydatif et des réactions inflammatoires.26

Les particules solides 

Polluants les plus dangereux, elles sont non seulement capables d’endommager la peau (le niveau des dégâts dépend de la taille des particules – les particules ultrafines de diamètre inférieur à 2,5 microns (PM 2,5) restent plus facilement dans l’air, des particules de 10 microns (PM10) retombent sur le sol plus rapidement et sont donc moins dangereuses), mais aussi de transporter d’autres polluants, en particulier des métaux lourds, des COV (composés organiques volatils) et des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques).

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Après le contact avec la peau, les particules solides stimulent le développement du stress oxydatif et provoquent une réponse inflammatoire, influent les kératinocytes en inhibant la synthèse de la filaggrine et perturbent la fonction de la barrière cutanée.27 Une augmentation de la sévérité des symptômes de la dermatite atopique dans les zones urbaines et industrielles est une confirmation indirecte de l’effet nocif des particules solides sur la peau.28 Les hydrocarbures polycycliques (HAP)
Ils peuvent être transportés par des particules ou absorbés dans le corps via des aliments cuits sur un feu ouvert. Ils ont des effets toxiques directs sur la peau et contribuent également à l’activation du processus inflammatoire. Certains HAP sont cancérigènes, tandis que d’autres provoquent l’apparition d’éruptions cutanées acnéiques – la chloracné – malheureusement, les dermatologues et cosmétologues ne font pas toujours la différence entre chloracné et acné vulgaris.
Les composés organiques volatils (COV) C’est un groupe de substances organiques qui s’évaporent facilement, même à température ambiante et comprennent notamment les solvants organiques, le formaldéhyde, le benzène, le toluène, l’éthanol ou encore le styrène. Présentes dans l’air après des travaux de construction, tout comme dans l’air des villes à circulation intense, ce sont les composantes du « smog photochimique ». En présence d’oxyde d’azote dans l’air, de soleil et d’absence de vent, une réaction cyclique d’activation de l’ozone conduit à des lésions rapides et intenses de la peau, à une augmentation de la synthèse des cytokines29 et à une activation du processus inflammatoire.

L’ozone lui-même, formé à la suite du smog photochimique, ainsi que l’ozone troposphérique, est un puissant oxydant capable d’induire un stress oxydatif cutané. Sa cible principale est la couche cornée, en particulier les lipides et les acides gras insaturés du stratum corneum. L’effet de l’ozone sur la peau entraîne une forte baisse du taux d’antioxydants, l’oxydation des lipides par les peroxydes et une augmentation en dialdéhyde malonique.30 Le résultat est une perte prononcée et très rapide des propriétés protectrices de la peau, l’apparition d’une hyperémie et des signes d’inflammation, qui peuvent être corrélés avec l’apparition de symptômes d’urticaire, d’eczéma et de dermatite. Les effets de l’ozone sur la peau conduit à une forte baisse des micro-organismes du microbiome – la « population » de la peau peut être réduite de 50% dans les deux heures d’exposition.31 En outre, tous les facteurs mentionnés ci-dessus, stimulent le développement de troubles de la pigmentation et l’accélération du processus de vieillissement naturel de la peau. L’ozone est un puissant oxydant du squalène – un élément important de la couche hydrolipidique de la peau – et l’oxydation du squalène conduit à son tour, à une détérioration des propriétés de la barrière cutanée et à la perte partielle des capacités de rétention de l’humidité dans la couche cornée ; la peau est sèche et manifeste un inconfort.32

Des oxydes d’azote, de soufre et de carbone, produits lors de la combustion des substances organiques, ont des effets semblables à l’ozone. Ils sont capables d’oxyder les protéines et les lipides tissulaires, induisant la peroxydation des acides gras polyinsaturés, ce qui perturbe de manière significative la fonction de la barrière cutanée.33

La fumée de cigarette

« Le polluant idéal » est certainement la fumée de cigarette, un aérosol complexe, constitué de milliers de produits chimiques, y compris des formulations réactives d’oxygène, une variété d’oxydes, des aldéhydes, de nicotine, de benzopyrène et d’autres encore. Les composants chimiques de la fumée augmentent de manière significative la perte d’eau trans-épidermique, l’activité de la collagénase et élastase, et déclenchent le stress oxydatif et la peroxydation des lipides.34

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Les rayonnements

On a déjà parlé de l’action du rayonnement ultraviolet. Rappelons que l’action principale du spectre UVB A (UV-A, longueur d’onde de 320 à 400 nm) est le photovieillissement – apparition des rides, hyperpigmentation et élastose solaire. Les UVA et UVB entraînent une immunosuppression et un risque accru de cancer de la peau. Le mécanisme d’action

des deux types d’UV est la formation de radicaux libres et l’induction d’un stress oxydatif, causant des dommages aux protéines, aux lipides et à l’ADN.

Pendant longtemps nous avons cru que seul l’ultraviolet était dangereux. Cependant, les études récentes démontrent que la lumière visible (400-740 nm) et infrarouge (760-1440 nm) sont capables de pénétrer plus profondément que les UVB, et peuvent également endommager la peau – principalement en raison de la stimulation des formes réactives de l’oxygène et des métalloprotéinases de matrice MMP -1 détruisant le collagène. L’utilisation d’écrans solaires contenant des antioxydants conduit à une réduction significative de la formation de ces substances, tandis que les produits contenants seulement des écrans solaires (UV-A et UV-B), n’ont pas un tel effet (du moins dans le cas de la lumière visible).35, 36

Une autre découverte importante a été faite : la modification de la composition des lipides de la peau, qui se produit sous l’action des UVB (diminution de la sous classe céramide AP-2 et l’augmentation de céramide NP-2, de sodium, de sulfate de cholestérol et de squalène) est différent sous l’influence de la lumière visible et du rayonnement infrarouge (augmentation de la céramide AR- 2 et de cholestéryl, sulfate de sodium et une diminution du squalène).37 Il a également été constaté que la lumière visible (spectre bleu) stimule la pigmentation de la peau chez les personnes à peau foncée.38

Les dommages d’origine iatrogénique

Les procédures cosmétiques

L’une des causes de la perturbation de la fonction protectrice de la peau peut être la conséquence des procédures cosmétiques modernes basées sur le « controlled trauma ». Les peelings chimiques, la micro- dermabrasion ou les lasers par exemple, augmentent la sensibilité de la peau à la lumière UV et à d’autres facteurs nuisibles (composés organiques volatils, oxydes d’azote et de soufre, hydrocarbures polycyclique aromatique). C’est pourquoi il est nécessaire de sensibiliser le patient à la protection de sa peau, et suffisamment longtemps en post-procédure, car malheureusement, le plus souvent les patients jugent que l’utilisation d’un écran solaire durant quelques jours après un peeling chimique est suffisant.

Les soins quotidiens

L’ hydratation excessive

Une hydratation excessive de la peau peut également être nocive. Les quarante dernières années d’utilisation active d’agents hydratants et nourrissants par les femmes, ont considérablement multiplié les cas d’eczéma.

Si la croyance populaire veut qu’une utilisation de produits cosmétiques de haute qualité rétablisse la santé de la peau et donc le nombre de d’eczémas, il n’en est rien, bien au contraire. L’utilisation régulière de produits cosmétiques contenant des ingrédients hydratants, augmente la quantité d’eau dans la couche cornée, conduisant à une détérioration de la fonction barrière cutanée. En conséquence d’une hydratation excessive, l’espace entre les couches lipidiques augmente,39 la peau devient plus perméable et vulnérable aux facteurs nocifs. Cette propriété de la peau est utilisée pour la délivrance de substances actives, mais lorsque les hydratants sont utilisés régulièrement, la peau devient plus friable, irritable et sujette à l’inflammation.

Le nettoyage

Ces dernières années ont vu l’émergence d’une forte tendance aux émulsions, crèmes et huiles pour le nettoyage de la peau, sans rinçage à l’eau. L’inconvénient est que ces formules conduisent à une déshydratation rapide de la couche cornée (de plus de 10%), en raison d’une desquamation anormale des cornéocytes. De plus, le stratum corneum est alors « surchargé » de substances occlusives favorisant l’inflammation, due à la libération de diverses substances proinflammatoires : interleukines, facteurs de nécrose tumorale (TNF), facteurs de croissance.

Ceci explique pourquoi il est nécessaire d’abandonner l’idée reçu que « L’eau ne doit pas toucher le visage », si répandue dans les blogs beauté à la mode.40 Cependant, les « champions » des dommages cutanés restent les nettoyants et les savons, dont les effets peuvent être très variés selon les ingrédients utilisés.

Leur effet sur la peau impact surtout la couche acidolipidique, la grande majorité des savons ayant un pH de 7,0 et plus. Une utilisation régulière de savon pour le nettoyage de la peau augmente le pH cutané, ce qui peut conduire à des perturbations de microbiome, un développement d’inflammation, une réduction de la capacité de rétention d’eau et, en général, à une détérioration des propriétés protectrice de la peau. Certains ingrédients, tels que le lauryl sulfate de sodium, est encore utilisé dans de nombreuses formulations, mais il détruit les lipides de la couche cornée et endommage les cornéocytes. D’autres substances activent la libération des modificateurs de la réponse biologique pro-inflammatoires, y compris le Facteur de Nécrose Tumorale les interleukines (IL-1 a, IL-6, IL-8, granulocyte-macrophage colony stimulating factor GM-GSF, T-Cell derivées cytokines et IL-2)41 en même temps que la destruction partielle des lipides de la couche cornée, ce qui conduit au développement rapide d’inconfort, d’irritation et de rougeurs. Cet effet est typique avec le propylène glycol, l’acide rétinoïque, le formaldéhyde, le Quaternium 15, l’acide glycolique et salicylique. L’utilisation prolongée de produits nettoyants contenant ces ingrédients peut également entraîner des perturbations de la régulation de la synthèse des métalloprotéinases matricielles (MMP), des enzymes comprenant la collagénase, élastase et hyaluronidase. Ainsi, l’utilisation régulière et prolongée d’agents nettoyantes agressifs ou modérés, peut conduire à une accélération du vieillissement naturel de la peau et stimuler l’apparition prématurée de signes de l’âge liés à l’hypersensibilité cutanée.42

Les compléments alimentaires

La fonction de la barrière cutanée peut également changer en raison de l’administration de certains médicaments et additifs alimentaires par voie orale. Un apport insuffisant en agents anti-inflammatoires et/ou en antioxydants, peut réduire la réponse protectrice et immunitaire de la peau. De tels changements sont notés avec l’utilisation prolongée d’ibuprofène, d’aspirine et de naproxène. L’apport alimentaire insuffisant de lipides physiologiques (des acides gras libres, de cholestérol, et/ou les statines, de niacine ou des compléments alimentaires à base d’huile de poisson) peut réduire le rapport des lipides dans la couche cornée et affecte inévitablement les propriétés protectrices de la peau.43 Ainsi que les diurétiques – dû à l’élimination excessive d’eau.

Les traitements à long terme de rétinoïdes, d’isotrétinoïne, de niacine et de tétracycline peuvent aussi ralentir la fonction de la barrière cutanée. Il est préférable d’éviter les soins de la peau, impliquant le « controlled trauma », y compris les injections et l’utilisation de mésoroller.

Il n’y a aucune preuve scientifique d’amélioration des propriétés protectrices de la peau avec une augmentation de la consommation d’eau – l’hydratation de la couche cornée s’améliorent, mais ça ne modifie pas l’hydratation de l’épiderme en profondeur. Seulement l’introduction de lipides physiologiquement essentiels dans le régime quotidien alimentaire et un soin de peau adéquat a un bon impact sur des propriétés protectrices de la peau.44

Conclusion
En résumé, nous pouvons affirmer que la barrière cutanée a bien plus d’ennemis que d’amis. Il n’est donc pas surprenant qu’une peau parfaitement protégée soit assez rare et obéisse à des conditions d’âge, d’environnement écologiquement propre, d’alimentation saine et de vie active. La population urbaine exposée au stress et à la pollution souffre à différents degrés, de perturbations de la fonction protectrice de la peau. Cependant, on ne doit pas en déduire que la situation est sans espoir – au contraire, il est important de comprendre que le souci de la préservation des propriétés protectrices de la peau doit être le premier objectif de l’industrie cosmétique, dermatologique et esthétique médicale. Les propriétés protectrices de la peau, l’intégrité de la couche hydrolipidique de l’épiderme, la santé de la couche cornée affecte directement l’état de la peau en général et détermine l’apparence du patient. Il est donc important de discuter avec le patient de la nécessité de suivre les recommandations dans les soins quotidiens de la peau, l’utilisation de produits cosmétiques médicaux ou professionnels et également de nous rappeler que les facteurs iatrogènes jouent un rôle significatif dans le développement des troubles de la barrière protectrice de la peau. Les procédures traumatiques, menées dans le but de corriger les problèmes esthétiques, violent la « vie paisible » et donc la fonction protectrice de la peau : à consommer avec modération et jamais sans préparation adéquate et rééducation réfléchie, car de telles interventions procurent souvent de la déception, à la fois au médecin et au patient, voire pourraient facilement être évitées en suivant des recommandations assez simples visant à améliorer et restaurer les propriétés protectrices de la peau.

Dr. Tiina Orasmäe-Meder est médecin esthétique, fondatrice et directrice de Meder Beauty Science (Suisse). Elle s’est spécialisée depuis plusieurs années dans le domaine de la création et développement de produits cosmétiques et protocoles professionnels d’application, ainsi qu’en cosmétovigilance.

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Author: Body Language

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