La chirurgie des fesses

La chirurgie des fessesFesses « Scandale » ou « Bonne mine » ?

Encore anecdotique en France il y a peu, la chirurgie de la région fessière par pose d’implants, venue tout droit des pays d’Amérique Latine, à vue son nombre d’interventions tripler depuis 2010. Est-elle sûre, quels résultats esthétiques en attendre ? Dr Richard ABS, l’un des pionniers de cette intervention en France, partage son expertise et observations recueillies dans le cadre d’une étude qu’il a menée depuis 2002 sur des centaines de patients.

La chirurgie des fesses, ces « nouveaux seins », se sophistique considérablement, tout comme la chirurgie mammaire et il n’est plus seulement question d’augmentation volumique avec implants en silicone, une technique efficace, mais dont les propositions en gammes restent limitées.
Lifter, galber, resculpter les fesses, la demande augmente et les techniques chirurgicales s’affinent, mais un diagnostic s’impose, phase essentielle pour obtenir un beau résultat.
Est-ce un problème de volume de la fesse, du muscle fessier en particulier, ou est-ce un relâchement tissulaire, lié ou non à un grand amaigrissement ? La forme de la fesse doit être analysée afin de suivre une esthétique idéale en fonction de l’individu, la fesse féminine étant très différente de celle de l’homme et les attentes pouvant varier selon les cultures ; le praticien restant évidemment toujours à l’écoute. La région lombaire doit également être considérée avec précision, de manière à obtenir une jonction naturelle avec la région fessière sous-jacente et de respecter ainsi la cambrure lombaire, fameuse « chute des reins » très esthétique, plus ou moins marquée selon le souhait des patients.
Les différentes techniques dont nous disposons aujourd’hui facilitent une prise en charge esthétique de la région fessière, efficace et adaptée à la demande.  Elles sont principalement chirurgicales ; poses de prothèses, lipoaspiration, lipofilling et lifting ; auxquelles s’ajoute les injections d’acide hyaluronique, moins invasives.
Le diagnostic et l’entretien avec le patient orientera le choix de la procédure et l’association ou non de plusieurs techniques.
À cette fin,  il convient de considérer tout particulièrement les quatre principaux composants anatomiques qui influencent la région de la fesse : Le cadre osseux (sacrum, coccyx, os iliaques) ; Le muscle grand fessier ; La topographie adipeuse autour de la fesse, celle-ci étant notamment plus importante chez la femme que chez l’homme (morphologie gynoïde ou androïde) et dont la fonte déterminera le vieillissement de la fesse ; Enfin, la qualité de la peau et son relâchement (ptose fessière) pouvant orienter vers un lifting fessier.

Implants glutéaux
Introduite en France en 2002, la chirurgie des fesses par pose d’implants s’est lentement généralisée, mais en nette augmentation, elle aurait triplé depuis 2010. Pratiquée à travers une seule voie, l’augmentation du volume des fesses par prothèses se fait désormais en position intramusculaire, une technique fiable et reproductible, que confirme les 9 ans de recul d’une étude* que j’ai conduite sur 328 patients, de 2002 à 2011. Sur les 272 femmes et 44 hommes opérés, deux tranches d’âge se détachent, la plus importante étant celle de 26 à 30 ans, suivie par celles de 41 à 45 ans et de 46 à 50 ans.

Intervention et résultats
Le bilan préopératoire est classique, tout comme pour la pose d’implants mammaires. L’intervention chirurgicale nécessite un séjour d’une nuit à la clinique et deux semaines d’éviction sociale. Les suites opératoires sont marquées par des douleurs d’intensité moyenne, de l’œdème et des ecchymoses. Une prescription d’antalgiques est habituelle. Pour davantage d’efficacité, l’application de poches glacées sur les fesses est de bon secours.
Le plan intramusculaire confère à cette plastie d’augmentation une couverture complète des implants, ce qui les rend non palpables. Les complications mineures sont la douleur (intensité moyenne) ou la gêne persistante durant 3 à 5 jours (4 cas) et enfin des retards de cicatrisation (9 cas nécessitant des soins de cicatrisation dirigée).
Les complications majeures comprennent les épanchements séreux (6 cas) et la rupture de l’implant suite à une chute ou un traumatisme sévère (2 cas).

Techniques associées
Nous disposons désormais de nombreux moyens techniques, chirurgicaux ou non, qui utilisés seuls ou en combinaisons, vont véritablement permettre de sculpter la région fessière et d’harmoniser l’ensemble de la silhouette. Que l’on souhaite embellir, raffermir ou rajeunir les fesses, comme pour la chirurgie mammaire, la procédure sera déterminée selon les indications et les multiples critères définis lors du diagnostic élaboré avec le patient.
Une lipoaspiration réalisée en périphérie de la région fessière, en particulier au niveau lombaire et de la culotte de cheval, ces zones « parasites », va permettre de creuser la taille et souligner la chute des reins, mettant bien en valeur l’augmentation de la région fessière par implants ou par transfert graisseux.
Le lipofilling, réalisé avec le tissu adipeux prélevé par la lipoaspiration et réinjecté à la petite canule, va permettre de remodeler la fesse selon son anatomie et les courbures attendues. Des injections réalisées au niveau du pôle supérieur redessineront le décolleté des fesses, sur l’extérieur permettront d’arrondir latéralement les fesses et au niveau du pli sous-fessier pourront combler ce que les implants ne peuvent pas faire, afin d’obtenir une belle continuité avec les cuisses.
Si les prothèses sont essentiellement conseillées lors d’une ambition de volume importante ou lorsqu’il n’y a pas assez de graisse pour un lipomodelage, elles n’ont pas d’indication en première intention dans la perte de poids massive. Dans ce cas, un lifting des fesses est préférable et les volumes seront repositionnés grâce à la mobilisation associée d’un lambeau graisseux, mais au prix d’une cicatrice qui devra rester fine, en forme de « V » au-dessus des fesses.
L’acide hyaluronique à usage corporel (Macrolane®) peut rendre service en première intention dans les augmentations fessières, chez des patients ne souhaitant ni chirurgie, ni implants. Les injections de comblement se feront plutôt sur les côtés et le haut des fesses et nécessitent au moins 100 à 140 cc par fesse (10 à 14 seringues 10 ml de Macrolane®) pour que cela soit visible. L’intervention se pratique de préférence au bloc opératoire, sous sédation ou anesthésie locale, en chirurgie ambulatoire.

chirurgie des fessesConclusion
La plastie d’augmentation fessière par implants glutéaux, nous l’avons vu, est désormais une technique fiable et sécurisée, qui peut rendre service aussi bien en chirurgie réparatrice (malformation, post-chimiothérapie, post-trithérapie, séquelles de poliomyélite…) qu’en chirurgie esthétique et la demande croissante de cette intervention mérite donc d’avoir une réponse chirurgicale avec « un plan de route » sans complications.
Aussi, tout comme pour la chirurgie mammaire très similaire, la combinaison d’une pose d’implants glutéaux avec une lipoaspiration et/ou un transfert de graisse, constitue un moyen à ne pas négliger dans la prise en charge esthétique et le rajeunissement de la silhouette.

Dr Richard Abs est Chirurgien Esthétique à Marseille, ancien interne des hôpitaux, assistant-chef de clinique des hôpitaux de Nancy et titulaire du Board européen de chirurgie plastique. Il est spécialisé dans la chirurgie des fesses, notamment des implants fessiers, dont il est l’un des pionniers en France. Il également Président de la SOFCEP et Membre actif de plusieurs sociétés savantes dont, la SOFCPRE, Société américaine de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, Société internationale de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.
*Étude publiée dans Réalités en Chirurgie Plastique du 2 mai 2013, dont certains éléments et résultats sont repris dans cet article.

Bibliographie

1. Vergara R, Marcos M. Intramuscular gluteal implants. Aesthetic Plastic Surgery, 1996; 20 :259-263. 2. Gonzalez R, Augmentation Gluteoplasty: the XYZ Method Aesthetic Plastic Surgery, 2004;28:417-425. 3. Mojallal A Et al. Bio-Medical Materials and Engineering, 2008; 18: 193-197. 4. Mendieta CG. Intramuscular gluteal augmentation technique. In: Clinics in Plastic Surgery, 2006; 38:423-434.

Author: Body Language

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