Chirurgie de la fente labio-palatine

Chirurgie de la fente labio-palatine : Quels obstacles dans les pays en développement ?

Une enquête révèle l’étendue des barrières financières, structurelles et culturelles au développement de la prise en charge chirurgicale des fentes labio-palatines, dans les pays à revenus moyen-inférieurs.

Antonia_HomepagePlus de 80% des interventions chirurgicales de la fente labio-palatine au Vietnam sont réalisées par des ONG, un chiffre démontrant la persistance et la complexité des obstacles aux soins chirurgicaux ayant toujours cours dans les pays à revenus moyen-inférieurs (PRI).
Selon un rapport du Dr William Magee III et ses collègues de l’Université de Californie du Sud, publié dans Plastic and Reconstructive Surgery, devant les obstacles structurels, financiers et culturels à la chirurgie de la fente labio-palatine qu’ils ont à affronter, « les patients se tournent vers les prises en charge humanitaires, hors du système public de santé ». « En conséquence, le traitement chirurgical de la fente labio-palatine intervient plus tardivement que dans la fenêtre optimale de délai de prise charge, respectée par les pays plus développés ».

En effet, l’âge moyen des enfants vietnamiens au moment de leur première chirurgie est de 3.25 ans, alors que l’âge recommandé pour une chirurgie réparatrice de le fente labio-palatine est de 3 à 18 mois. Leur enquête portait sur environ 450 familles vietnamiennes cherchant à faire pratiquer une chirurgie réparatrice de la fente labiale et/ou palatine de leur enfant, réparties sur quatre dispensaires médicaux parrainés par Operation Smile, Inc.

Les parents ont été interrogés sur la perception qu’ils avaient des obstacles rencontrés pour accéder à une prise en charge médicale ou chirurgicale de leur enfant. Bien que l’hôpital local soit généralement plus accessible que l’un des dispensaires Operation Smile, le coût de l’intervention s’avérait trop élevé pour la plupart des familles, environ 40% d’entre elles déclarant que sans les programmes humanitaires, ils n’auraient jamais eu accès à un traitement chirurgical ou médical pour leur enfant.
Le sondage a révélé les freins financiers, mais également un large éventail de barrières culturelles et structurelles parmi lesquelles, le manque de personnel médical formé, d’équipements et de médicaments ; outre le coût de la chirurgie, le coût du voyage pour accéder aux soins ; enfin, les avis ou l’accord nécessaire de certains membres de la famille, voire parfois un manque de confiance dans le système et le personnel médical, constituaient un net frein culturel.

L’étude suggère que la présence de ce type d’ONG met en exergue la difficulté d’accès aux soins chirurgicaux dans les PRI, même ceux dotés d’une couverture santé quasi universelle. Sur la base de leurs résultats, le Dr Magee et ses collègues suggèrent un modèle de « Chirurgie PRI » offrant une idée précise des obstacles à la chirurgie dans les pays à faibles ressources, en particulier dans les indications nécessitant de multiples opérations, comme il est souvent nécessaire en chirurgie reconstructrice.

Dr Magee et les coauteurs soulignent que « Les chirurgiens plasticiens sont idéalement placés pour conduire la communauté chirurgicale à s’impliquer dans l’amélioration d’accès aux soins chirurgicaux à l’échelle mondiale, compte tenu d’une histoire médicale basée sur les missions, ainsi qu’une ouverture aux patients multiculturels et un dévouement à l’enseignement, propres à la chirurgie elle-même ».

www.operationsmile.org

Author: Body Language

Share This Article On