Comment se nourrit notre peau ?

Photo : Anna Dabrowska

Photo: Anna Dabrowska, Model: Roki @ DMG, Make up: Daniela Eschbacher, Coiffure: Kim Chincholle

 

Comment se nourrit notre peau ?

Ralentir le vieillissement de la peau, premier challenge en esthétique médicale, passe avant tout par l’obtention d’une bonne santé cutanée. Mais de quoi se nourrit notre peau, quels sont ses besoins et comment y répondre efficacement ?
Dr Patrick SEROG, nutritionniste et Dr Valérie PHILIPPON, médecin esthétique et anti-âge, nous expliquent l’intérêt d’une prise en charge combinant ces deux spécialités afin d’obtenir les meilleurs résultats.

Tout comme le reste de notre organisme, le processus de vieillissement naturel de la peau est sous influence des gènes et modulé par les conditions de vie. Organe particulièrement sensible car exposé directement aux agressions extérieures, la peau est également « socialement exposée » et représente donc un challenge majeur dans la prise en charge médico-esthétique.

Vieillissement de la peau
Les cellules sénescentes (fibroblastes, kératinocytes) restent actives, mais présentent des modifications de fonction et une réduction de leur renouvellement. Avec le temps, elles perdent leur capacité à se multiplier (dans les cas extrêmes c’est l’apoptose ou mort cellulaire), réduisent la synthèse de bon collagène de type 1, d’élastine et d’acide hyaluronique de bonne qualité, de l’ordre de 6 % par décennie chez la femme et de 3,4 % chez l’homme. Se produit alors un amincissement de la peau, le derme pouvant perdre jusqu’à 20 % de son épaisseur.
Par ailleurs, le collagène de type 3, la fibronectine, l’élastase et la collagénase augmentent, entrainant quant à eux, une détérioration du derme. La couche cornée s’épaissit, l’hydratation diminue et le teint se ternit. Progressivement, la peau devient plus sèche, ridée, perd de son éclat et de son élasticité, enfin, les taches peuvent apparaitre en raison d’un emballement de la synthèse de mélanine par les mélanocytes.

Comment la peau se nourrit-elle ?
Le derme est irrigué par de nombreux vaisseaux qui lui permettent de recevoir les nutriments dont il a besoin, ce qui n’est pas le cas de l’épiderme, qui se nourrit par imbibition à partir du derme. La membrane basale séparant le derme de l’épiderme s’épaissit avec le temps, diminuant ainsi la surface d’échange et rendant alors la nutrition de l’épiderme plus difficile.

r nutrition et médecine esthétique pour des résultats anti-âge optimauxComment ralentir le processus de vieillissement cutané ?
Tout d’abord, il est primordial d’éviter autant que possible les facteurs d’aggravation et d’accélération du vieillissement tels que la surexposition solaire, le tabac, le stress, le manque de sommeil et d’activité physique.
Ensuite, il convient d’adopter au quotidien une nutrition équilibrée, variée et riche en antioxydants, combinée à l’usage de cosmétiques adaptés à sa problématique de peau et enrichis en ingrédients favorisant l’hydratation (acide hyaluronique), le renouvellement cellulaire (AHA, vitamine A et C) et l’équilibre pigmentaire (acide pythique, citrique, résorcinol).
Bien entendu, l’intervention de la médecine esthétique en prévention et en correction des stigmates du vieillissement (rides, taches, éclat) a largement fait ses preuves et des protocoles doux, progressifs et réguliers, comme des peelings associés à une bio revitalisation, initiés dès la trentaine, sont efficaces d’emblée et sur le long terme.

Santé de la peau : Le rôle nutritionnel et ses limites
Afin d’apporter tous les nutriments et macronutriments nécessaires à la peau – protéines, glucides, lipides, vitamines, minéraux, oligoéléments -, il faut une alimentation variée et suffisante en quantité. La pratique de plus en plus courante de prendre un plat principal et un café au déjeuner est très insuffisante pour répondre aux besoins de notre organisme. Il nous faut donc une alimentation structurée, apportant au moins 800g d’aliments par repas, c’est à dire une entrée, un plat principal et son accompagnement, un laitage et un dessert, dans des portions alimentaires adaptées selon l’âge de chaque personne.

Quels sont les ingrédients nécessaires :

Protéines : elles permettent le renouvellement cellulaire de la peau en général et de l’épiderme en particulier, car son renouvellement est rapide.
Lipides et acides gras : en particulier les oméga 6 et 3, essentiels à l’hydratation et à l’entretien de la peau.
Glucides : en particulier les glucides complexes qui apportent l’énergie nécessaire à chaque cellule pour remplir les fonctions de synthèse de substances chimiques et de renouvellement cellulaire.
Vitamines hydro et liposolubles : citons notamment les vitamines C et E qui ont un rôle antioxydant.
Minéraux/oligoéléments : le sélénium, le zinc, le calcium et le magnésium qui accélèrent la cicatrisation et le renouvellement cellulaire cutané.

Cependant, même une alimentation suffisante en quantité et en qualité, ne suffira pas à maintenir l’activité du renouvellement cellulaire nécessaire à la préservation de la jeunesse de la peau. Ainsi, pour aider les facteurs nutritionnels apportés par l’alimentation, on peut aussi utiliser l’activité physique, qui en stimulant la sécrétion d’interleukine 15, améliorerait la qualité de la peau (1).

Comment se nourrit notre peau ?Agir au cœur des cellules : La bio revitalisation en injection
La revitalisation par une technique d’injection superficielle épidermique et dermique apporte au cœur des cellules les ingrédients nécessaires à son fonctionnement. Les solutions revitalisantes constituées d’un cocktail de composants tels que des vitamines, minéraux, acides aminés, coenzyme, antioxydants et acide hyaluronique, créent un écosystème idéal pour relancer l’activité du fibroblaste vieillissant et stimuler la croissance du collagène et de l’élastine, tout en protégeant les cellules contre les excès de radicaux libres.
Pour obtenir des signes visibles de correction du vieillissement, en particulier sur la réduction des ridules, l’homogénéité du teint, la diminution des taches, l’augmentation de la fermeté et la réduction des pores dilatés, il est nécessaire de respecter un protocole de 5 séances espacées de 2 semaines et répété 2 fois par an, selon l’état de la peau et ses besoins.

Régénération cutanée : Place des compléments alimentaires
L’apport de compléments alimentaires n’est souhaitable que si l’alimentation est insuffisante en quantité et en qualité sur le long terme ou lors de périodes au cours desquelles il est difficile de couvrir les besoins en oméga 3 et oméga 6, en antioxydants divers et particulièrement en vitamine C et E ou en minéraux et oligoéléments comme le Magnésium, le Sélénium ou le Zinc.

Conclusion
Pour obtenir un succès à long terme sur la qualité de la peau, la complémentarité des traitements de bio revitalisation et de la prise en charge nutritionnelle est nécessaire. La peau est le reflet extérieur de la santé intérieure, d’où la notion de bonne mine, signe de renouvellement cellulaire et source de vie.

Dr Valérie Philippon est diplômée en médecine morphologique anti-âge, gynécologie esthétique, nutrition, techniques de comblement et d’injection. En parallèle de sa pratique médicale esthétique, passionnée des traitements de la qualité de peau elle est formatrice et conférencière en France et à l’internationale.

Dr Patrick Serog est médecin nutritionniste, membre de la Société Française de Nutrition, directeur scientifique du congrès de nutrition Diétécom. Il est l’auteur de nombreux travaux scientifiques et de best-sellers autour de l’alimentation des enfants, de la famille et des adultes. Il exerce en médecine libérale et à l’hôpital Georges Pompidou.

Références

1 – Alexandre Mélissopoumos et Christine Levacher, La peau, structure et physiologie, 2éme édition p 249. Editions TEC&DOC, 2012.

2 – Aging Cell. 2015 Aug ;14(4):625-34. Doi: 10.1111/acel.12341. Epub 2015 Apr 22. Exercise-stimulated interleukin-15 is controlled by AMPK and regulates skin metabolism and aging. Crane JD, MacNeil LG, Lally JS, Ford RJ, Bujak AL, Brar IK, Kemp BE, Raha S, Steinberg GR, Tarnopolsky MA.

3 – J Am Coll Nutr. 2001 Feb;20(1):71-80. Skin wrinkling: can food make a difference? Purba MB, Kouris-Blazos A, Wattanapenpaiboon N, Lukito W, Rothenberg EM, Steen BC, Wahlqvist ML.

4 – Study of the effects of repeated intradermal injection NCTF135 HA on the consequences of cutaneous ageing of the face – B. Sarrazin-Rouland Avr11.

5 – Dermato Endocrinology. 2012 July-Dec; 4:3, 298-307. Discovering the link between nutrition and skin aging.  Silke K. Schagen, Vasiliki A. Zampeli, Evgenia Makrantonaki and Christos C. Zouboulis.

6 – Iranian Journal of Dermatology. 2015; 18: 20-24 – A review on nutrition and skin aging. Mohsen Nematy, Atieh Mehdizadeh, Farkhondeh Razmpour

Author: Body Language

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