Définir la taille des implants mammaires, quelle méthode ?

Définir la taille des implants mammaires, quelle méthode utiliser ?

L’utilisation de directives cliniques claires et précises pourrait fournir de meilleurs résultats dans le choix des implants en chirurgie mammaire d’augmentation.

En matière d’augmentation du volume des seins, des chercheurs suggèrent qu’écarter les préférences des patients ou des chirurgiens au profit de directives cliniques claires et précisent, permettrait de faire un choix optimal de la dimension des implants mammaires et conduirait à de meilleurs résultats.
Dans une recherche publiée en 2016 dans Plastic and Reconstructive Surgery, des chercheurs américains ont effectué une « revue de data analyses » des méthodes utilisées par les chirurgiens plasticiens pour sélectionner la taille d’implant appropriée, dans le cadre d’une chirurgie mammaire d’augmentation.

shutterstock_352067225Les différentes méthodes de sélection ont été divisées en trois groupes : Le premier correspondant à des choix d’implants mammaires uniquement selon les préférences du patient ou du chirurgien sans mesures spécifiques de la poitrine ; Le deuxième utilisant des méthodes d’analyse dimensionnelle des implants afin d’établir le résultat souhaité, accompagnées de mesures déterminant l’implant nécessaire pour obtenir ce résultat ; Le dernier utilisant une méthode basée sur les tissus appelée « TBP » ou « tissue-based planning » – c’est-à-dire qui se base sur la mesure des tissus de la poitrine pour définir selon des directives cliniques précises, des « limites claires et adaptées » dans la sélection des implants.

Cette analyse a étudié 33 publications sur les méthodes de sélection de la taille des implants. Celles qui avaient évalué les méthodes basées sur le TBP étaient par ailleurs de meilleure qualité que celles des deux autres catégories. « Les dix meilleures études présentant une rigueur méthodologique, ont toutes utilisé les dimensions mammaires des patientes avant de sélectionner les dimensions finales de l’implant, et cela devrait être la norme dans notre pratique, selon l’analyse que nous avons réalisée » écrivent les auteurs, Dr Adams de l’Université Southwestern Medical Center, Texas, Dallas, et Dr Daniel McKee de l’Université McMaster, Hamilton, Ontario au Canada. Les études portant sur les méthodes utilisant le « TBP », ont aussi révélé de plus faibles taux de reprises chirurgicales par rapport aux valeurs communément admises par l’industrie ou les principales recherches.

Les chercheurs ont aussi mis en avant les importantes lacunes méthodologiques des évaluations ou études cliniques disponibles sur les méthodes de dimensionnement des implants. En effet, seulement quatre des 33 publications ont apporté des résultats cliniques pouvant être comparés aux standards, alors même qu’aucune des études n’a comparé au moins deux méthodes de mesure, ou plus. Dans l’ensemble, 60% des études obtenaient un score de zéro sur l’échelle de notation en matière de qualité scientifique, y compris concernant certaines méthodes populaires, mais qui ne sont « fondées sur aucunes données ou preuves cliniques publiées ».

La sélection des implants peut être sujet à une tension émotionnelle pour le chirurgien plastique entre son rôle « d’artiste » et celui « d’ingénieur ». Les chercheurs ont en effet noté que certaines des méthodes « TBP » qui avaient par ailleurs la plus haute qualité clinique, adoptaient une approche « à mi-chemin », fondée certes sur les mesures, mais tenant également compte des désirs esthétiques du patient. Sur la base des données compilées, les Docteurs Adams et McKee, évaluent une nouvelle méthode « TBP » spécifique aux implants, conçue pour guider le chirurgien dans une sélection de styles et de modèles d’implants disponibles sur le marché et précisent que « à l’avenir, les nouvelles méthodes publiées devraient utiliser des méthodologies quantitatives rigoureuses, afin que les comparaisons puissent être faites selon les résultats réels des patients ».

Author: Body Language

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