La fin des capitons

L’efficacité, la simplicité, la reproductibilité ainsi que l’innocuité de la procédure Cellfina™ ont été démontrées dans des études récentes4 Fig. 4, 5

La fin des capitons

Les procédures non invasives de remodelage corporel, en constante augmentation, tiennent désormais une place prépondérante en esthétique médicale. Pour autant, peu de solutions sont véritablement efficaces contre la cellulite fibreuse. L’arrivée très attendue en France du Cellfina™, une nouvelle technologie dédiée au traitement de la cellulite à capitons, pourrait bien changer la donne et offrir de nouvelles perspectives aux patientes. Explications du Dr Noël SCHARTZ sur cette technique et les résultats obtenus grâce à ce nouveau traitement.

Si la cellulite est avant tout un problème esthétique et non une pathologie, comme ce terme pourrait le laisser entendre, il convient de ne pas en minimiser l’impact chez les personnes qui en souffrent. Des études montrent ainsi que 80% des femmes souffrent de cellulite et que le surpoids n’est pas forcément un facteur décisif de son apparition. Qu’elles soient maigres, minces ou avec des rondeurs, toutes les femmes peuvent être sujettes au développement de la lipodystrophie superficielle. La demande de consultation pour ce motif est ainsi croissante et les options thérapeutiques qui s’offrent pour la traiter sont nombreuses, mais leur efficacité et la durabilité des résultats sont globalement très limitées.

Illustration de la structure subcutanée de la peau, sur une cellulite « à capitons ».

Fig.1

Cibler les origines de la cellulite pour mieux la traiter
La cellulite, nous le savons désormais, a des causes multifactorielles, dont les variations permettent d’en définir les types. La prépondérance de la cellulite chez la femme – et non chez l’homme – est quant à elle physiologique et tient, en plus du stockage graisseux favorisé par les hormones, à la structure même du tissu graisseux féminin. Les ponts fibreux ou septums sont des travées permettant de délimiter les lobules adipocytaires, offrant soutien et maintien de la graisse dans l’hypoderme. Chez l’homme, ces septums sont positionnés de manière oblique, alors que chez la femme, ils sont installés verticalement par rapport au derme. On peut observer par conséquent chez les femmes, lors d’un épaississement graisseux et d’un raccourcissement des ponts de fibrines favorisant l’apparition en surface d’irrégularités cutanées, les fameux capitons. Fig. 1
Les 3 types de lipodystrophies – hyperplasie graisseuse superficielle (adipose), cellulite aqueuse (rétention d’eau) et cellulite fibreuse – ne nécessiteront pas les mêmes protocoles de traitement.

Appareil Cellfina

Fig.2

Traiter l’aspect capiton : enfin la solution
Nous nous intéresserons ici à la cellulite de type fibreuse, une cellulite particulièrement résistante, souvent présente depuis un certain temps. Le capiton est la composante de la lipodystrophie la plus difficile à traiter : elle trouve son origine dans une stimulation anormale de la synthèse de collagène par les fibroblastes, combinée à une mauvaise circulation sanguine et un drainage lymphatique problématique. En effet, le collagène va durcir, entraînant à terme une rétractation des septums, à l’origine, comme nous l’avons vu, de l’apparition de vrais creux à la surface de la peau. Améliorer cette apparence cutanée, et ce durablement, constitue pour nous praticiens, un véritable challenge, auquel quasiment aucune technologie ou procédure médicale ne savaient répondre de manière efficace et sécuritaire il y a encore peu de temps.
Pour traiter cet aspect à creux, les laboratoires et les scientifiques se sont attelés à développer des techniques capables de cibler spécifiquement les fameux septums (cloisons fibreuses) pour libérer le tissu graisseux et ainsi retrouver une peau lissée. C’est dans cette optique d’offrir une procédure « mini-invasive », efficace et sécuritaire pour traiter la lipodystrophie fibreuse que les laboratoires Merz (déjà connus pour leur traitement à ultrasons micro-focalisés Ulthera) ont développé Cellfina™.
Cellfina™ est un traitement agrée par la FDA depuis 2013 aux USA et détenant le marquage CE depuis 2016. Cette procédure médicale novatrice, peu invasive, a pour vocation de cibler spécifiquement les septums pour pallier « l’effet capitons » de la cellulite. Son système, grâce à une chambre d’aspiration brevetée (TS-GS) à couvercle réversible Fig. 2, utilise une technique de subcision pour libérer en toute sécurité, de façon précise, reproductible et à une profondeur contrôlée, les bandes fibreuses épaisses et raccourcies. Il faut noter que cette technique de subcision a déjà montré son efficacité dans le traitement des cicatrices faciales1.

 

Procédure Cellfina : le micro-bistouri sectionnant les ponts fibreux.

Fig. 3 Procédure Cellfina : le micro-bistouri sectionnant les ponts fibreux.

Cellfina ™ : un traitement simple et sécuritaire
Après marquages préalables des capitons à traiter, le médecin pratique une anesthésie locale ciblée, grâce à cette chambre d’aspiration et de stabilisation des tissus, qui permet également de contrôler la profondeur du traitement. Après l’anesthésie, le praticien, guidé par cette pièce à main, introduit alors un micro-bistouri de précision à usage unique, pour sectionner les ponts fibreux. Fig. 3 Les bandes fibreuses sont coupées à 6 ou 10 mm de profondeur, en fonction du positionnement des capitons les uns par rapport aux autres, dans l’optique d’éviter certains effets secondaires, notamment la formation de séromes ou de relâchements tissulaires. À la suite de l’acte médical, des pansements absorbants sont placés sur la zone traitée et la patiente doit porter un panty légèrement compressif pendant 1 mois environ. L’intervention médicale elle-même dure entre 45 min et 2 heures, selon l’importance de la surface à traiter. Il faut donc prévoir de 2 à 3 heures, compte tenu de la préparation et de la mise en place des pansements.
Le soir même de l’acte, une alèse pour protéger le matelas est recommandée, car les zones opérées peuvent suinter. Par ailleurs, il est nécessaire de s’abstenir de prendre des douches avant le lendemain soir.
Aucune cicatrice à la suite de l’intervention ni aucun effet secondaire sévère n’ont été observés dans l’étude pivot réalisée en 2013. 2 Les patientes rapportent, après le traitement, la présence d’ecchymoses et de douleurs légères, qui disparaissent entre 2 et 4 semaines après le traitement. Le travail peut être repris dès le lendemain de l’intervention. À 3 mois, les patientes, au nombre de 55 dans cette étude, soulignent, dans leur totalité, la disparition des douleurs, des ecchymoses et des hémosidéroses3 secondaires au traitement.
Le résultat définitif est atteint tout de suite, mais sera visible à 1 mois (après la résorption des œdèmes et des hématomes). Cette procédure est tout à fait légale en France. Cellfina™ n’ayant aucune action lipolytique, elle ne rentre donc pas dans le champ du décret du 11 avril 2012 interdisant les traitements lipolytiques invasifs.

L’efficacité, la simplicité, la reproductibilité ainsi que l’innocuité de la procédure Cellfina™ ont été démontrées dans des études récentes4 Fig. 4, 5

Fig. 4.

Les limites du traitement Cellfina™
Il convient de respecter, dans le choix des zones traitées, les seules régions agréées par la FDA à ce jour, à savoir les fesses et les cuisses. Il existe en effet un risque de relâchement cutané et de hernie graisseuse, en cas de traitement Cellfina™ inadapté sur le plan topographique, notamment au niveau du pli sous-fessier, de la fameuse « banane sous-fessière » et au-dessus des genoux. Il est donc important de ne pas traiter ces zones pour en éviter un potentiel relâchement.
Après la procédure, Cellfina™ n’ayant aucune incidence sur le volume graisseux ou la laxité cutanée, il peut être intéressant d’envisager, cas par cas, la réalisation de quelques séances d’un laser externe, comme le laser hyperthermique lipolytique SculpSure, pour l’aspect peau d’orange et gondolé, ou de radiofréquence bipolaire associé à des ultrasons de type Exilis Elite (BTL Aesthetics) sur les zones traitées, afin d’enrayer un relâchement cutané souvent associé en cas de cellulite.

L’efficacité, la simplicité, la reproductibilité ainsi que l’innocuité de la procédure Cellfina™ ont été démontrées dans des études récentes4 Fig. 4, 5

Fig.5

Une efficacité rapide, nette et durable
L’efficacité, la simplicité, la reproductibilité ainsi que l’innocuité de la procédure Cellfina™ ont été démontrées dans des études récentes4 Fig. 4, 5. Cette technique offre un taux de satisfaction net de 85% à trois mois, de 94% à 1 an post-traitement, si l’on se réfère aux sujets traités lors de l’étude pivot. Le score est encore plus élevé sur le site de témoignages de RealSelf.com, puisqu’il atteint 96%. 5 Son agrément par la FDA a par ailleurs été précisé en 2015, la durabilité indiquée étant au minimum de 2 ans. En 2016, la FDA a encore prolongé son estimation de la durabilité du traitement à au moins 3 ans, ce qui rend Cellfina™ nettement supérieure à toutes les autres techniques et procédures médicales ayant pour vocation d’améliorer l’aspect de la cellulite. Plusieurs critères permettent ainsi à Cellfina™ de s’imposer en 2017 comme la procédure médicale de première intention à envisager pour les patientes souffrant de cellulite fibreuse localisée de type clinique « à capitons ». Une unique séance est nécessaire, le traitement est simple, son efficacité est durable, la technique est sécuritaire et très peu invasive, et nous disposons à présent d’un recul suffisant.

Dr Noël Schartz est praticien des hôpitaux, ancien interne en dermatologie et ancien chef de clinique à l’hôpital Saint-Louis (Paris). Il exerce la dermatologie médicale et chirurgicale ainsi que l’esthétique médicale, en cabinet privé à Paris. Titulaire d’un doctorat en biochimie et biologie moléculaire (spécialité immunologie), il a mené des travaux de recherche fondamentale et clinique au sein de plusieurs institutions françaises et internationales (Institut Pasteur, Institut Gustave Roussy, hôpital Saint-Louis, hôpital de la Charité à Berlin), en particulier sur la mise au point et le développement d’un vaccin et d’autres traitements contre le mélanome. Ancien enseignant à la faculté de médecine de Paris, il assure aujourd’hui la formation de médecins aux techniques esthétiques médicales et remplit des fonctions d’expertise et de conseil pour plusieurs laboratoires de l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

Références :

1. Alam M, Omura N, Kaminer MS. Subcision for acne scarring: technique and outcomes in 40 patients. Dermatol Surg 2005;31:310–7. 2. Multicenter Pivotal Study of Vacuum-Assisted Precise Tissue Release for the Treatment of Cellulite Michael S. Kaminer, MD,* William P. Coleman, III, MD,† Robert A. Weiss, MD,‡ Deanne M. Robinson, MD,* W. Patrick 3. Multicenter Pivotal Study of Vacuum-Assisted Precise Tissue Release for the Treatment of Cellulite Michael S. Kaminer, MD,* William P. Coleman, III, MD,† Robert A. Weiss, MD,‡ Deanne M. Robinson, MD,* W. Patrick Coleman, IV, MD,† and Carl ornfeldt, PhDx 4. (Kaminer, Multicenter Pivotal Study of Vacuum-Assisted Precise Tissue Release for the Treatment of Cellulite. Dermatol Surg 2015;41:336–347) 5. Data from RealSelf.com, 06/20/2016

Author: Body Language

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