La gestion cutanée anti-âge

Dr-Sabine-DARGENT-JOLLAINFréquence, son et lumière sur la peau

L’approche médicale esthétique du vieillissement ne se concentre plus uniquement sur le comblement, mais fait la part belle à la gestion cutanée. Les procédures anti-âge utilisant les dernières technologies développées, ciblent la retente et la régénération des tissus, d’autant plus lorsqu’elles travaillent en synergie. Dr Sabine DARGENT-JOLLAIN nous expose l’intérêt d’un traitement combinant radiofréquence fractionnée ablative associée aux ultrasons, produits topiques et LED.

Issue du milieu de la nutrition, j’ai découvert la médecine esthétique lors de ma formation au diplôme de médecine morphologique et anti-âge. Prenant en charge beaucoup de maladies auto-immunes, j’ai du rapidement rechercher des méthodes efficaces, n’ayant pas de contre-indications. Aussi, rester le plus naturel possible était un objectif important.
Le traitement du relâchement cutané, lié à l’affaissement de la graisse sous-cutanée par effet de gravité qui crée sillons nasogéniens, plis d’amertumes et bajoues, est un défi majeur pour la médecine esthétique d’aujourd’hui et de demain.
La solution de référence reste celle des liftings chirurgicaux, mais elle nécessite une éviction sociale et une anesthésie générale qui rend certains patients réticents.
En médecine esthétique, les techniques d’implants comme l’injection d’acide hyaluronique ou d’hydroxyapatite de calcium selon la technique des vecteurs, permettent un effet lift du bas du visage, mais donne parfois un effet volumateur au niveau des pommettes qui n’est pas toujours flatteur. À la longue, si l’on utilise uniquement des techniques de comblement, on observe un alourdissement du visage et une tendance à élargir le visage féminin, ce qui le masculinise.
Plus récemment sont apparus les fils tenseurs résorbables, proposés pour des ptoses débutantes dont l’effet dure 1 à 3 ans. Pour des sujets plus âgés et une ptose plus prononcée, les fils tenseurs permanent dont l’effet peut durer 10 ans sont une solution, mais ils nécessitent une anesthésie locale et 3 à 8 jours de repli social.
Nous pouvons aussi utiliser des méthodes physiques comme les ultrasons focalisés, qui envoient des ondes de chaleur dans le derme profond, dans les mêmes plans que ceux ciblés par le lift chirurgical, ce qui provoque une rétractation du collagène. 80 % des résultats sont visibles au bout de trois à quatre mois et durables quatre à cinq ans, mais cette technique reste douloureuse. Les suites sont simples, avec des rougeurs pendant quelques heures et un œdème dans les jours qui suivent. Elle n’est efficace que sur les relâchements modérés et pas sur les bajoues, et les résultats sont très variables selon les individus.

Les techniques de radiofréquence
Elles sont basées sur l’émission d’ondes électromagnétiques à très haute fréquence passant à travers la peau et qui produisent de la chaleur dans les tissus sous-cutanés. Cette chaleur induit une rétraction et une production de collagène qui améliore la fermeté et la tension cutanée.
Les techniques de radiofréquence ont évolué dans le temps.
Elle était monopolaire au début, avec une électrode au contact de la peau qui délivrait une énergie élevée en regard de l’électrode, mais la pénétration de l’onde électromagnétique était mal contrôlée et le soin douloureux. Puis la radiofréquence bipolaire a fait apparaître la notion d’énergie volumique, mais la pénétration de l’onde dans le derme est limitée, du fait d’un unique couple d’électrodes. La radiofréquence multipolaire consiste à introduire du courant haute fréquence entre plusieurs couples d’électrodes situées sur la pièce à main, induisant un réchauffement des couches profondes de la peau de façon plus homogène et sur toute son épaisseur, afin de stimuler les fibroblastes.
Lors de la séance, on ressent une certaine chaleur et les suites sont simples (rougeurs et œdèmes pendant 24 à 48 h). Il faut en général 4 à 6 séances espacées de 7 à 14 jours, les résultats sont visibles au bout de la 3e séance et une séance d’entretien tous les 1 à 3 mois est recommandée en fonction des appareils. La radiofréquence peut être pratiquée quel que soit le phototype de la peau et les contre-indications sont rares. Parmi celles-ci, on notera le port d’un pacemaker ou d’implants électroniques, la présence de lésions cutanées infectées ou non sur la zone traitée, la grossesse, la présence de cicatrices chéloïdes et la prise d’isotrétinoïne.

Radiofréquence fractionnée ablative
L’évolution logique de ces techniques est de les combiner toutes entre elles, ce que propose la radiofréquence fractionnée ablative, technique qui se rapproche des lasers fractionnés de rajeunissement. Le principe avec cet appareil consiste à provoquer de très nombreux micro points dans l’épiderme et le derme, qui seront source dans les semaines suivantes d’une importante stimulation collagénique.

Procédure de technologies combinées en pratique
La technique iTED (Impact Trans Epidermal Delivery), synergie de trois technologies distinctes, auxquelles il est conseillé d’adjoindre celle des LED, révolutionne le traitement « micro ablatif ».
Nous utilisons tout d’abord une pièce à main appelée iPIXEL, qui réalise des microcanaux verticaux de 120µm dans la peau, via différents applicateurs ou
« rollers ». Comme dans toute technique fractionnée, des zones de peaux saines sont conservées tout autour de ces microcanaux pour favoriser la réparation cutanée. La densité de ces microcanaux est paramétrable par l’opérateur.
Ensuite, une deuxième pièce à main est utilisée pour chauffer le derme, dont l’intensité est réglable par l’opérateur, sécurisant totalement l’acte. On obtient une rougeur homogène, comme un gros coup de soleil, sur la zone traitée.
Enfin, nous utilisons le module IMPACT (ultrasons émis à une fréquence spécifique) qui alterne pressions et dépressions pour forcer la pénétration jusqu’aux tissus profonds, de topiques préalablement appliqués et contenant des actifs cosmétologiques, afin de nourrir et réparer durablement les tissus.
Nous utilisons comme produit topique le NCTF135 HA du laboratoire Filorga, pour son marquage CE et l’intérêt de sa composition, notamment en acide hyaluronique à 5mg/ml.
Celui-ci a une action hygroscopique par fixation de grandes quantités d’eau grâce à la création de liaisons d’eau et hydrogène et une action sur la prolifération cellulaire et sur l’angiogénèse. L’acide hyaluronique est un élément indispensable pour l’équilibre viscoélastique du derme et de l’épiderme.
Ce produit contient également un cocktail d’actifs présentant des propriétés intéressantes pour la régénération cutanée :

  • 13 vitamines. La vitamine A qui agit sur la flexibilité et la densité de la peau par régulation de la kératinisation et de la cicatrisation. Les vitamines du groupe B qui régulent le métabolisme des sucres et celui des acides gras essentiels, contribuant ainsi à l’équilibre biologique de la peau. La vitamine C qui agit sur la synthèse du collagène et sur l’inhibition des radicaux libres et sur l’hyperproduction localisée de mélanine. La vitamine E qui contre les radicaux libres par inhibition du peroxyde d’hydrogène.
  • 23 acides aminés pour la synthèse de collagène et d’élastine par les fibroblastes.
  • 6 minéraux utilisés comme catalyseurs enzymatiques, dont le zinc et le magnésium, impliqués dans 180 réactions enzymatiques.
  • 6 coenzymes qui augmentent la vitesse de réaction métabolique de l’organisme, en diminuant l’énergie nécessaire pour que les réactions puissent se produire. Ces activateurs biochimiques augmentent ainsi la vitesse de construction des tissus.
  • 5 acides nucléiques qui composent l’ARN et l’ADN, porteurs de l’information qui permet d’ordonner et réguler la synthèse de protéines.
  • 2 agents réducteurs qui sont des substances qui perdent facilement un ou plusieurs électrons lors des réactions d’oxydation des cellules du derme et de l’épiderme.

Soins pré et post procédure
Afin de minimiser les suites de tout acte ablatif (rougeurs, œdèmes, démangeaisons, desquamations, apparition de taches brunes durant 24 à 48 h), la peau est préparée par une séance de LED de 10 minutes, associant la couleur rouge et le proche infrarouge.
La couleur rouge est la base de la photostimulation, elle a une action anti-inflammatoire, cicatrisante et antiseptique. Elle permet la stimulation du collagène, de l’élastine, de facteurs de croissance et diminue la sensation de douleur, notamment celle de brûlure. Elle améliore aussi la circulation sanguine et lymphatique, ce qui contribue à la réduction des œdèmes.
Le proche infrarouge, en agissant sur le métabolisme de l’oxyde nitrique, est un redoutable anti-inflammatoire et antalgique.
Après la séance de Legato (Alma laser), une séance de LED associant la couleur jaune puis rouge est réalisée, le jaune inhibant la production de la collagénase MMP1 et ayant des propriétés décongestionnantes et antibactériennes.
Nous revoyons le patient 24 à 48 h après la procédure pour une nouvelle séance de LED associant les couleurs jaune et rouge, pour du photorajeunissement.
Afin de favoriser la cicatrisation, nous recommandons d’utiliser en alternance, une pommade grasse de type Aquaphor d’Eucerin et une crème plus hydrique de type Dermalibour d’Aderma. Par la suite, les patients appliquent de la crème Cicolea, un soin cosmétique naturel, régénérant, protecteur et apaisant de la peau et des muqueuses, à base d’huile d’olive et d’extraits de plantes, préconisé lorsqu’il est nécessaire d’aider l’activation cellulaire.

Résultats
Les résultats sont visibles dès les 24 premières heures, mais l’effet lift est bien visible au bout d’un mois et se prolongera sur les 6 mois suivants. Selon la qualité de la peau et le mode de vie du patient, les résultats sont durables pendant 1 à 3 ans.
Au bout d’un mois, nous revoyons le patient pour une éventuelle retouche à l’acide hyaluronique, le Legato n’étant pas un traitement des rides profondes.
Nous complétons cette prise en charge en apprenant aux patients à manger le plus « anti-inflammatoire » possible, afin d’augmenter la durée du résultat. Cela consiste à augmenter la consommation d’aliments antioxydants (fruits, légumes, curcuma, thé vert…), de poissons gras pour les oméga-3 et à réduire la consommation de sucre pour limiter la glycation. Du lait et du blé peuvent être utiles pour réduire la réaction inflammatoire chronique de bas grade.
Enfin, le legato prend en charge le relâchement cutané au niveau du ventre, cuisses et bras. Le protocole est le même, mais on paramètre la puissance de la phase 1 et 2 de façon plus élevée et il faut 3 à 5 séances.
C’est aussi le traitement des vergetures, la réduction de celles-ci étant de l’ordre de 70 à 100% en 3 à 5 séances. Dès la première séance, la peau est plus tendue et la vergeture parait comblée de l’intérieur. Par la suite, la fracture cutanée est réduite jusqu’à sa quasi disparition.

Avantages et inconvénients du traitement
Inconvénients

  • Une éviction sociale de 24 h qui peut se prolonger de 2 à 3 jours si nous avons apparition de taches brunes, liées à une mauvaise hydratation de la peau et que l’on rencontre plus facilement chez les fumeurs. Le tabac favorise le stress oxydatif et augmente l’intensité de la réaction inflammatoire.
  • Une éviction solaire 15 jours avant et 1 mois après.
  • Un résultat final qui n’est pas immédiat.
  • L’importance de la ptose et des bajoues qui nécessite un lifting chirurgical.
  • Ce n’est pas un traitement des rides profondes.

Avantages

  • Peu de contre-indications (port d’un pacemaker, grossesse, peau altérée, cicatrices chéloïdes). Possibilité de proposer cet acte, quel que soit le phototype de la peau.
  • Une prise en charge globale du vieillissement du visage avec un effet lift sur l’ovale et un effet « toxine botulique like » au niveau du front. Celui-ci parait plus relaxé et le regard semble plus reposé. Chez certains patients avec un visage rond, on assiste à un affinement de celui-ci qui donne au patient l’impression d’avoir un coup d’éclat important qui donne un effet bonne mine très naturel et un effet défatigué.
  • Une diminution des cicatrices d’acné en une séance, voire une disparition par fois, après une séance très localisée.
  • Une réduction des taches brunes. Chez l’une de mes patientes présentant des cernes bruns, le legato a été la seule méthode efficace pour les réduire de moitié.
  • Une réduction des rides modérées et des ridules.
  • En général, une seule séance suffit. En cas de ptose importante qui nécessiterait un lifting, mais qui n’est pas forcément souhaité par le patient, une deuxième séance peut être proposée.
  • C’est un bon moyen pour entretenir les liftings chirurgicaux.
  • Enfin, si une retouche avec un produit de comblement doit être proposée, le nombre de seringues nécessaires est vraiment réduit et le résultat obtenu parait beaucoup plus naturel. Suivant beaucoup de patients avec des maladies auto-immunes et ne pouvant pas ou peu proposer de comblements, le legato est un moyen efficace pour prendre en charge le vieillissement lié à la pesanteur et dans une certaine mesure, celui lié au mode de vie (tabac, soleil, stress, oxydation et glycation de la peau).

Conclusion
Le relâchement cutané du visage, du corps et le traitement des vergetures est un enjeu important en médecine esthétique et beaucoup de méthodes ont fait leurs preuves. Devant la progression des techniques, la logique était de les associer en un acte unique, ce que permet le Legato d’Alma Laser, qui associe une radiofréquence fractionnée ablative aux ultrasons. Nous recommandons fortement son association aux LED, afin de réduire la durée des effets indésirables et leur intensité.

Dr Sabine Dargent-Jollain est Médecin Esthétique, titulaire d’un DIU Médecine Morphologique et Anti-Âge, avec une expertise dans la prise en charge nutritionnelle.

Author: Body Language

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