Les femmes se jettent à leur cou

huart-1

Les femmes se jettent à leur cou

Témoin majeur du vieillissement, le cou doit être traité par des procédures esthétiques & anti-âge et l’utilisation de fils tenseurs résorbables régénérants est une révolution pour ceux qui ne souhaitent pas de chirurgie. Adepte des fils, Dr Alexandra HUART nous explique comment en optimiser les résultats grâce à la combinaison de différentes technologies.

Selon l’expression commune, nous reconnaissons l’âge d’une femme à son cou. Le relâchement de celui-ci est un signe manifeste de vieillissement et les femmes sont aujourd’hui demandeuses, non seulement d’un rajeunissement de leur visage, mais également de leur cou. Au cours du vieillissement naturel, le cou se tâche, se ride, se relâche et se froisse, pourtant, en matière de médecine esthétique, le cou reste peu traité par rapport au visage.
En tant que chirurgien esthétique du visage, j’aime réaliser un traitement « hyper personnalisé » et proposer une alternative médicale de haut-vol pour une correction esthétique du cou. Le détail, le souci du détail… rien que le détail !
De nouvelles procédures anti-âge ont vu le jour, parmi elles les fils tenseurs qui représentent un traitement de choix en alternative médicale au lifting. Aussi, tout l’art du traitement esthétique réside en une combinaison juste de nouvelles technologies – dont l’objectif est la régénération tissulaire, l’amélioration de la qualité de peau et sa retense -, qui nous permet d’optimiser les résultats d’une pose de fils.

1er Objectif : la « Retense » ou remise en tension de la peau du cou
Le lifting du visage et du cou permet sans nul doute de retendre efficacement la peau du cou, de corriger le volume du sous-menton et de redessiner l’ovale du visage, mais il existe désormais d’autres solutions plus douces, qui tendent vers cela.

Nouvelle alternative au lifting : Fils tenseurs régénérant Silhouette Soft

Je réalise un « Lifting médical » par la mise en tension de la peau à l’aide de fils résorbables Silhouette Soft®. Je transpose en réalité l’acte de lifting chirurgical (aux fils résorbables utilisé depuis plus de 30 ans) au lifting médical.
Ces fils à cônes bidirectionnels sont constitués d’acide L-polylactique « biodégradable » qui provoque une réaction inflammatoire des tissus, stimulant ainsi la production de nouveau collagène ; la peau est liftée et redensifiée.

Les fils sont souvent utilisés pour redessiner l’ovale du visage chez la femme de 35 à 50 ans, remonter les pommettes, rehausser les sourcils, mais encore trop peu utilisés pour lifter le cou. En effet, le cou est une zone plus délicate, la peau est plus fine et les fils risquent donc d’être plus visibles si leur positionnement est trop superficiel. De surcroit, il peut exister une certaine réticence de la part du praticien, liée aux risques vasculo-nerveux de la région cervicale. Les fils doivent être placés dans le « plan chirurgical du lifting ».

Positionnement optimal des fils tenseurs 

En cabinet, la patiente est démaquillée au préalable et l’on réalise des dessins de positionnement des fils au niveau du cou et de l’ovale du visage. Une anesthésie locale est faite au niveau des points d’insertion des aiguilles.
Selon ma procédure, je mets en place deux fils par coté (16 et 12 cônes). Deux fils par coté pour plus d’effet et cela tient mieux ! Le cou est séparé par une ligne verticale dessiné au crayon et aucun fil n’est placé dans la zone centrale du cou, afin d’éviter tout hématome compressif ou atteinte de la filière aérienne (trachée). Le premier fil de 16 cônes est positionné en U dans la partie supérieure du cou, deux centimètres en dessous de l’ovale du visage, afin de respecter la glande sous-mandibulaire et le rameau du nerf facial.
Le second fil est placé en U dans le tiers moyen du cou. Le tiers inférieur quant à lui n’est pas traité, afin d’éviter tout risque lésionnel vasculo-nerveux ou respiratoire (ou thyroïdien).

Huart-techniquesIl existe cependant plusieurs schémas de positionnement des fils à cônes bidirectionnels au niveau du cou. Soit deux fils tenseurs sont placés en ligne directe de chaque côté du cou (Fig.1), soit ils traversent horizontalement tout le cou, en passant par la zone centrale (Fig.2).
Dans le cas de ma procédure, partant du constat que la pose de fils en double U au niveau du visage a montré une vraie efficacité de retense chez mes patients, j’ai transposé ce positionnement de fils à la zone du cou (Fig.3).
Une traction des fils est ensuite réalisée devant un miroir de concert avec la patiente ; la peau se retend et le cou est lifté.

Petit détail : Sur les côtés, le surplus de peau est placé sous des pansements transparents durant 5 à 6 jours, qui maintiennent la peau liftée en place et permettent aux excès de peau de se résorber plus vite par pressothérapie.

Le plus : une séance de photobiomodulation par LEDs est réalisée juste après le geste, afin de réduire l’œdème et l’inconfort. Cette procédure dure environ 20 minutes, durant laquelle la patiente est re-informée des recommandations à suivre et des effets secondaires décrits. La tenue des fils est d’environ 18 mois, ils donnent un effet très naturel et rajeuni au cou et permettent de retendre et défroisser le cou, en un geste peu invasif et une procédure sûre et rapide.

Indications

Dès lors qu’un ovale du visage est lourd, avec une peau épaisse et un tissu sous-cutané de qualité, mais graisseux, l’indication de pose de fils n’est souvent pas retenue. Le poids des tissus peut en effet entrainer un relâchement des fils, soumis à de trop fortes contraintes mécaniques, contrairement aux visages à peaux fines relâchées qui se laissent efficacement retendre par les fils tenseurs.

Mais au niveau du cou, la question se pose différemment. La peau étant souvent bien moins épaisse que celle de l’ovale du visage. Si la peau est vraiment très fine et claire, je réalise si besoin, un mois après la mise en place des fils, des injections ciblées d’acide hyaluronique, en regard de certaines irrégularités ou cônes visibles.
Lorsque la peau du cou est très épaisse ou si un double menton existe, on peut prévoir, deux mois avant la pose des fils tenseurs, une cryolipolyse des amas graisseux localisés. En revanche, si le rebord mandibulaire est trop lourd, l’indication chirurgicale sera alors retenue.

2ème Objectif : Gommer le double Menton
Selon les indications, une cryolipolyse du double menton graisseux par cryothérapie médicale peut être réalisée, deux mois avant la pose des fils, venant en quelque sorte remplacer une liposuccion chirurgicale et ses inconvénients. Un ou deux petits applicateurs dédiés à cette zone spécifique, aspirent le double menton graisseux et le refroidissement de la zone se fait jusqu’à – 11 °C. Le froid détruit les adipocytes (jusqu’ à 30% de la couche graisseuse), le cou s’affine et la peau se rétracte. Si un petit résidu graisseux persiste, des injections d’acide désoxycholique permettent d’affiner le reste, le menton est ainsi redessiné.

3ème Objectif : Non aux Fanons !
Il faut bien l’avouer, peu de femmes aiment les cordes platysmales verticales qui traversent leur cou et contre lesquelles les fils tenseurs ne sont d’aucun secours. Liées à des contractures du muscle platysma, ces cordes ou bandes répondent en revanche très bien aux injections de toxine botulique décontracturante. Celles-ci sont réalisées tous les deux centimètres en pinçant chaque corde et complétées par des multi ponctures de mésobotox (plus superficiel) au niveau des rides horizontales. Les tensions musculaires sont réduites, les fanons disparaissent.
Sur les cous à peau fine ou normale, j’en réalise systématiquement trois semaines avant la pose des fils tenseurs, mais pas dans le cas des peaux épaisses, où les cordes platysmales sont beaucoup moins visibles.

S’il existe un double menton ou un rebord mandibulaire lourd, une cryothérapie étant souvent réalisée deux mois au préalable de la pose des fils, la fonte graisseuse peut laisser découvrir des cordes platysmales plus hautes et marquées. On réalise alors des injections de toxine botulique, puis enfin, la pose des fils tenseurs trois semaines après.

4ème objectif : Défroisser et Resurfacer
La Touche finale : La froisse reste un challenge esthétique. Les multiples petites rides sont à l’origine du froissage cutané, qui peut être efficacement corrigé. Je réalise 2 à 3 séances d’Ited, associant de la radiofréquence ablative, plasma, ultrasons et des produits de mésothérapie, suivies d’une séance de photobiomodulation. L’entretien se fait une fois par an. L’Ited permet de « défroisser » le cou, d’éliminer les tâches et de corriger les imperfections (petites lésions rugueuses). Il est réalisé en dernier, après toutes les autres procédures afin de parfaire le résultat.

Conclusion
Le relâchement cutané du cou reste un joli challenge en médecine esthétique et l’utilisation de fils tenseurs résorbables offre une véritable alternative médicale au lifting, permettant de retravailler les volumes de l’ovale du visage, repositionner et régénérer les tissus. Aussi, la zone du cou étant assez complexe à traiter, nous disposons aujourd’hui d’un véritable arsenal de nouvelles technologies, nous permettant d’optimiser efficacement les résultats d’une pose de fils, en les combinant. Selon les patients, une cryolipolyse permettra de redessiner les contours du menton et du cou, et un réel effet de « défroissage » sera possible à l’aide de laser, LED, ultrasons et même injectables, avec à la clé un résultat très naturel. Alors pourquoi se priver de ces nouvelles technologies ?

Dr Alexandra Huart est Chirurgien maxillo-faciale et esthétique du visage, diplômée de Paris VII et Strasbourg. Diplômée et ancien Chef de Clinique de Strasbourg et Montpellier (Service chirurgie plastique, réparatrice, esthétique et Maxillo-faciale), Études internationales à Montréal et Dortmund et Diplômée du DUTIC Paris V. Membre de l’AFCF, AFME, SFSCMFCO, IMCAS. Experte médicale et formatrice au DU d’injections, sa pratique s’est adaptée aux nouvelles technologies et en transversalité chirurgie et médecine esthétique. Auteure de publications scientifiques, notamment en microchirurgie et chirurgie reconstructrice, et d’une communication sur le « Vampire lift « au Congrès de L’AFCF.

Author: Body Language

Share This Article On