Lipomodelage

article00Reconstruction mammaire et lipomodelage

Avancée majeure en reconstruction mammaire, le lipomodelage peut désormais être pris en charge par l’assurance maladie. Afin de mieux comprendre les enjeux, la SOFCEP nous en précise le contexte et les intérêts pour les patientes.

Depuis le 1er octobre 2017 et dans le cadre d’une chirurgie réparatrice uniquement, le lipomodelage peut être pris en charge par l’Assurance Maladie. Elle vient de faire paraître de nouveaux codes pour cette intervention, qu’elle intitule dans la CCAM : autogreffe de tissus adipeux.(*1) Cette prise en charge est donc limitée aux cas de reconstructions mammaires, de séquelles de traitement conservateur, d’asymétrie importante et de syndromes malformatifs comme les seins tubéreux ou le syndrome de Poland.

C’est une avancée majeure dans les cas de reconstructions mammaires, car elle peut être une aide précieuse afin d’obtenir un résultat très naturel et de parfaire les interventions. En effet, la technique du lipomodelage ou transfert de graisse, a révolutionné la reconstruction mammaire, tant en chirurgie réparatrice qu’en chirurgie esthétique, car utilisée de façon exclusive, seule ou en combinaison avec une prothèse, « la graisse, est une ressource précieuse », affirme le Dr. Richard Abs, chirurgien plasticien et Président de la SOFCEP et ajoute, « Elle n’entraîne aucun risque d’intolérance ou d’effet secondaire. Les résultats sont définitifs et très naturels. Autre grand secret de la graisse, son apport en cellules souches, qui est un véritable cocktail de jouvence pour la peau. Nous l’utilisons pour rehausser les zones où l’on a besoin de volume ou de rondeur comme au niveau des seins, des fesses ou ailleurs. »

Introduite dans les années 1990, puis plus largement répandue grâce aux travaux du chirurgien plasticien new-yorkais Sydney Coleman qui a standardisé cette procédure, les travaux débutés en 1998 du Dr. Emmanuel Delay, chef de service de chirurgie Plastique au Centre anti-cancer Léon Bérard de Lyon, ont également permis l’optimisation du lipomodelage au niveau de la poitrine. Enfin, tout récemment en janvier 2015, la Haute Autorité de santé a validé son utilisation pour les seins.

Lipomodelage et correction d’asymétrie mammaire
L’asymétrie mammaire congénitale est un motif de consultation régulier chez la jeune fille, affirme le Dr. Christine Huttin-Marquelet, chirurgien plasticien, « Il peut s’agir d’une asymétrie de forme, de volume, ou des deux associés. Le lipomodelage du sein est une technique de choix à chaque fois qu’il existe une insuffisance de volume d’un sein. L’alternative chirurgicale est la mise en place d’un implant mammaire unilatéral, mais sa durée de vie est limitée dans le temps et le résultat obtenu en postopératoire ne subira pas ou très peu de modification, alors que le sein naturel se modifiera avec les années, reproduisant inévitablement une asymétrie. »

Le lipomodelage du sein le plus petit permet de corriger le volume en s’approchant le plus possible de la morphologie du sein controlatéral. De plus, le résultat semble stable avec les années, les deux seins restent naturels et sensibles aux variations de poids.

Lipomodelage après reconstruction mammaire
Associé aux techniques de reconstruction mammaire (autologue, BRAVA, prothèses, Lambeaux…) le lipomodelage optimise les chances de retrouver une poitrine à l’aspect naturel. « C’est l’avancée scientifique la observations body language I ACTUS 13 plus importante de ces 20 dernières années en chirurgie reconstructrice et plastique du sein » affirme le Dr. Emmanuel Delay. Rarement utilisé seul, il est très utile pour parfaire les résultats chirurgicaux, notamment pour des retouches localisées. Nous l’utilisons pour améliorer le galbe et les contours du sein, corriger une encoche, remplir des creux ou des zones déprimées même au-delà du sein, sur le thorax, si la mastectomie a été agressive. Les techniques de prothèses ou lambeaux laissent souvent des irrégularités, qu’une injection de graisse très localisée corrige parfaitement.

Dans les cas de séquelles de traitement conservateur du sein, les cancers de petites dimensions étant traités par tumorectomie, c’est-à-dire ablation uniquement de la tumeur. Ce traitement conservateur peut en effet entrainer des déformations du sein du type rétraction, encoches et tout type d’anomalies de contour des seins.

Une fois assurés de la rémission du cancer, le lipomodelage est un excellent traitement pour combler et redessiner les contours rétractés et déformés du sein, et pour recréer le volume mammaire perdu. Il permet de retrouver une symétrie, tout en apportant de la souplesse au sein reconstruit.

Les risques et limites du lipomodelage

Les risques chirurgicaux du lipomodelage du sein sont faibles. Dans la mesure où il n’y a pas de décollement, il n’y a pas de risque d’hématomes. Le risque d’infection est infime (car il n’y a pas de risque d’hématome, et souvent, l’infection survient à la suite d’un hématome). Les risques mineurs sont le risque de nodules graisseux bénins. Aussi, cette technique n’est évidemment possible que lorsque l’on dispose d’un « capital adipeux » suffisant pour permettre un prélèvement de la graisse dans de bonnes conditions.

A propos de la SOFCEP

La Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP) est une société savante créée il y a 30 ans et qui regroupe exclusivement des chirurgiens plasticiens français, diplômés en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, et dont l’activité principale est la chirurgie esthétique.

Ses 300 membres représentent aujourd’hui un groupe de praticiens très présents au sein de la société internationale des chirurgiens esthétiques plasticiens (ISAPS), les situant au 3ème rang derrière les Etats-Unis et le Brésil.

Son rôle est aussi de promouvoir la sécurité opératoire et l’éthique afin, de garantir un résultat naturel et de respecter certaines limites par le biais d’une information de qualité fournie au préalable et donc d’éviter des résultats excessifs.

C’est la philosophie de la « French Aesthetic Touch », une réalité et un savoir-faire aujourd’hui mondialement reconnu, fruit d’une sensibilité latine et d’un enseignement séculaire re- nommé de la médecine et de la chirurgie française.

A cette fin, un annuaire de chirurgiens plasticiens aux compétences certifiées, ainsi que des informations pratiques sur chaque intervention sont à la disposition du public sur le site de la SOFCEP :

www.chirurgiens-esthetiques-plasticiens.com

1 – Deux codes QEEB317 pour les autogreffes de tissus adipeux de moins de 200 cc, et QEEB152 pour les autogreffes de tissus adipeux de 200 cc et plus au niveau du sein.

L’Assurance Maladie prend en charge la partie Sécurité Sociale des honoraires, mais, non le « dépassement d’honoraires » qui reste à la charge de la patiente, en fonction du niveau de remboursement de sa mutuelle.

Author: Body Language

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