PDO Cromo

La prise en charge du corps par les fils résorbables PDO Cromofil00

Principalement dédiés aux traitements du visage, les fils résorbables PDO sont de plus en plus utilisés pour le corps. Mais que peut-on traiter efficacement et comment ? Un médecin esthétique et un chirurgien nous en disent un peu plus sur leurs techniques et utilisation des fils PDO dans la prise en charge du corps.

Quelles zones du corps traitez-vous avec des fils résorbables PDO ?

Christine Chivilo : Je pose des fils PDO sur le cou, le décolleté, la face interne des bras et des cuisses, le pli du coude et le plissé des genoux, la face dorsale de la main et enfin l’abdomen.

Guillaume Drossard : J’utilise les fils PDO sur les mêmes zones du corps.

 

Quels sont les bonnes indications et les effets recherchés selon les zones ?

CC : Avec les PDO, on recherche essentiellement une redensification du derme grâce à une régénération cutanée par stimulation des fibroblastes, ainsi qu’un léger effet tenseur pour diminuer le relâchement cutané, no- tamment sur les bras, les cuisses et l’abdomen. Ils ser- ont efficaces sur le cou, bras, cuisses et mains pour un relâchement cutané débutant ou modéré, et sur un plissé débutant ou léger des genoux et de l’abdomen.

GD : Quelle que soit la zone du corps, l’indication prin- cipale est selon moi une peau soufflée et vergeturée, car l’on crée avec les PDO une induction collagénique avec épaississement du derme, qui va donc atténuer les vergetures et les plissés cutanés disgracieux.

 

Utilisez-vous les PDO exclusivement dans le cadre du vieillissement ou pouvez-vous les proposer à une patientèle plus jeune dont les attentes seraient purement esthétiques ?

CC : En effet, si les PDO sont indiqués dans le cadre d’un vieillissement, ils peuvent également être utilisés dès qu’un relâchement minime ou un froissé de la peau apparaissent, dans un cadre plus préventif. Ils peuvent également s’avérer utiles à la suite d’un amaigrissement significatif.

GD : Chez des patientes plus jeunes, les PDO sont très intéressants dans le traitement des vergetures. Dans la tranche des 35-50 ans, lorsque la peau commence à s’affiner, sans être encore véritablement lésée, on peut réellement améliorer la texture cutanée, voire prévenir le vieillissement.

 

Utilisés de manière préventive sur le relâchement cutané, les PDO peuvent-ils à terme, aider à retarder le recours à la chirurgie ?
CC : Pour moi, ces techniques ne peuvent supplanter une chirurgie, car elles ne traitent que le derme et non le relâchement musculaire ou le relâchement par excès de graisse.

GD : Peut-être sur le visage et le cou uniquement, dans le cadre d’une pré ménopause et en techniques hybrides, combinant PDO et mini-chirurgie du cou par exemple. En effet, à ce moment-là nous sommes le moins invasif possible en chirurgie, car en post ménopause de gros changements peuvent se produirent, voire des résultats de liftings se dégrader rapidement.

 

Pourquoi préférer cette technique à une intervention chirurgicale ? Les PDO peuvent-ils offrir la possibilité de traiter des zones du corps qui ne seraient pas de bonnes indications à une chirurgie ?

CC : La technique des fils ne sera choisie qu’en cas de relâchement débutant et ne traitera donc que le relâchement dermique.
GD : En effet, les fils PDO vont traiter la qualité de peau, alors que la chirurgie va en traiter l’excès, mais je suis parfois amené à mixer les techniques. Il m’est d’ailleurs assez rare d’utiliser les PDO seuls, auxquels j’associe souvent une autre procédure, pour potentialiser l’effet de chaque technique. Par exemple, pour traiter un bras tombant par excès de peau, j’effectue une liposuccion, puis un transfert de graisse sur la partie opposée du bras pour retendre la peau vers le haut, technique que je complète par une pose de fils PDO pour améliorer la qualité de peau.

 

La pose de PDO est-elle parfois impossible selon les patients ?

CC : Oui, dans le cas d’un excès de graisse, notamment sur les bras et les cuisses, si la peau présente trop d’élastose ou encore si la patiente est trop âgée avec une capacité insuffisante de régénération de la peau.

GD : Lorsqu’il y a un excès de poids, la peau est souvent de bonne qualité, ce n’est donc pas une bonne indication pour les PDO. Et si la peau est trop papyracée ou la patiente trop âgée, nous n’obtiendrons pas d’effet, car elles n’induiront pas de fabrication de collagène.

 

Quels types de fils, techniques de pose et quantités utilisez-vous selon les zones à traiter ?

CC : Pour le cou, j’utilise des Basic (40) et des Screw en maillage (20) posés en intradermique et pour le décolleté, des Basic (20 à 50 selon les cas). Pour les bras et les cuisses, plutôt du Barb (6/cotés) associés à des Basic (20 à 30) et des Screw (de 10 à 20), en maillage. Enfin, pour les mains de 10 à 20 Basic, en parallèle ou en maillage.

GD : Le secret c’est d’en mettre plein et de leur associer d’autres techniques médicales. Pour un décolleté par exemple, en plus de redonner de la densité à la peau avec les fils, un peeling permettra d’enlever les taches et d’unifier le teint de peau.

 

Utilisez-vous les fils PDO en traitements combinés et dans ce cas quels types de procédures ? Quels sont les bénéfices selon les indications ?

CC : Je ne combine pas les techniques.

GD : je combine en effet très fréquemment les techniques selon le résultat souhaité. Sur les vergetures par exemple, les PDO en association avec peeling, LED et microneedling s’avèrent très efficaces. J’utilise également à peu près tout ce qui fait partie de notre arsenal ; de la Cryolipolyse; du laser froid (Verju) ; de la radiofréquence ; de la chirurgie bien sûr ; des injections, d’acide hyaluronique, de toxine botulique et de Radiesse (avant les fils, surtout pour les tenseurs).

Dr Christine Chivilo est médecin esthétique, spécialisée en anti-âge et micronutrition. Elle est membre de l’Association Française de Médecine Esthétique, du Syndicat National de Médecine Mor- phologique et Anti-Age, du Syndicat National de Médecine Esthétique et de l’Association de Médecine et Mésothérapie Esthétique.

Dr Guillaume Drossard est chirurgien spécialisé en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et membre du Collège Français de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique. Il est titulaire d’un Master 2 de sciences biologiques et médicales sur « la biologie ostéoarticulaire et crâniofaciale, biomatériaux, biomorphologie ». Il est titulaire d’un DIU européen en lasers médicaux et de DU en Microchirurgie expérimentale, Pathologie et thérapeutique chirurgicale du cuir chevelu, Chirurgie plastique en situation précaire, Evaluation et contrôle de techniques d’injection et comblement, Chirurgie des cancers cutanés de la face. Auteur de plusieurs publications scientifiques et de nombreuses communications en congrès médicaux, il est également Membre de plusieurs sociétés savantes dont la SoFCPRE, la SOFCEP, l’ISAPS et Membre du SNCPRE.

Author: Body Language

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