Régime méditerranéen et longévité

shutterstock_241878163Le régime méditerranéen réduirait les décès cardiovasculaires

Les preuves cliniques sur les bienfaits du régime méditerranéen s’accumulent.

De nouvelles données provenant des observations du projet italien Moli-sani et présentées lors du congrès ESC 2016, confirment les bénéfices sur la santé d’un régime alimentaire méditerranéen – notamment sur la réduction des risques de décès chez les patients ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires.

Le professeur Giovanni de Gaetano, responsable du département d’épidémiologie et de prévention de l’IRCCS Neuromed Institute à Pozzilli, en Italie rappelle que « le régime méditerranéen est largement reconnu comme l’un des systèmes nutritionnels les plus sains au monde » et ajoute que si « de nombreuses études scientifiques ont démontré qu’un mode de vie méditerranéen traditionnel est associé à un plus faible risque de diverses maladies chroniques et aux décès qui y sont liés », jusqu’à présent, « la recherche s’est concentrée sur la population en général, principalement composée de personnes en bonne santé », mais « qu’en est-il des personnes ayant déjà souffert de maladies cardiovasculaires ? Le régime méditerranéen est-il optimal pour eux aussi ? ».

La réponse est oui, selon les résultats du projet Moli-sani, qui a conduit une étude épidémiologique prospective sur des patients aux antécédents de maladies cardiovasculaires, tels que les maladies coronariennes et les AVC, parmi 25 000 adultes recrutés au hasard et vivant à Molise en Italie. L’auteure principale de la recherche, le Dr Marialaura Bonaccio déclare : « Parmi les participants, nous avons identifié 1197 personnes avec un antécédent de maladie cardiovasculaire au moment de leur recrutement dans le projet Moli-sani. »

Leur consommation alimentaire a été enregistrée à l’aide du questionnaire européen sur les enquêtes prospectives sur le cancer (EPIC) et la conformité au régime méditerranéen a été évaluée selon les 9 points du score nutritionnel méditerranéen (MDS ou Mediterranean diet score). Toutes les causes de décès ont été enregistrées d’après les données statistiques de l’état civil de Molise.

Au cours du suivi médian de 7.3 ans, il y a eu 208 décès. Une augmentation de 2 points du MDS a été associée à une réduction de 21% des risques de décès, après contrôle de l’âge, sexe, consommation énergétique, apport en œufs et pommes de terre, éducation, activité physique de loisir, rapport taille-hanche, tabagisme, hypertension, hypercholestérolémie, diabète et cancer, sur la base de référence. Alors que l’adhésion au régime méditerranéen était évaluée selon une variable catégorielle à 3 niveaux, la catégorie supérieure (score 6-9) était associée à une réduction des risques de décès de 37% par rapport à la catégorie inférieure (0-3).

Le professeur de Gaetano précise : « Nous avons constaté que chez ceux qui avaient la meilleure adhésion au régime méditerranéen, les décès de toutes causes étaient réduits de 37% par rapport à ceux ayant peu adhéré à ce régime alimentaire. »

Les chercheurs ont élargi leur enquête en examinant le rôle joué par les aliments spécifiques composant le régime méditerranéen. « Les principaux facteurs ayant contribué à une réduction du risque de mortalité étaient une consommation plus élevée en légumes, poissons, fruits, noix et acides gras mono insaturés – c’est à dire l’huile d’olive », déclare le Dr Bonaccio, et de Gaetano conclu : « Ces résultats nous incitent à pousser les recherches sur les mécanismes par lesquels le régime méditerranéen peut agir sur la baisse de la mortalité. Il s’agissait d’une étude d’observation, donc nous ne pouvons affirmer l’effet de causalité, mais nous supposons que les effets de ce régime alimentaire sur les médiateurs communs aux maladies chroniques telles que l’inflammation, pourraient entraîner une réduction de la mortalité de toutes causes, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires. »

Author: Body Language

Share This Article On