Rosacée

Rosacée

Dr Rachael Eckel nous expose une approche de la rosacée à la croisée des dernières notions de physiopathologie et des plus récentes avancées cosméceutiques.

La rosacée est une dermatose inflammatoire, avec une composante neurovasculaire particulière. Elle constitue une condition multifactorielle sous une influence sébacée marquée, mais où génétique, troubles hormonaux et mode de vie jouent un rôle déterminant. Certains facteurs peuvent l’exacerber, tel le stress, mais l’exposition UV incarne le facteur capital dans 81% des cas. La condition sous-jacente est une maladie de la glande sébacée, d’où sa survenue vers la trentaine où se cumulent majoration de la production de sébum et une hypertrophie de ces glandes. Malheureusement, la rosacée est un désordre chronique et sans guérison définitive possible avec une aggravation progressive du fait d’une dégradation de la condition sébacée caractérisée principalement par une hypertrophie inexorable. Il faut se rappeler que le sébum est une substance pro-inflammatoire qui dégrade l’architecture cutanée dans un désordre et une escalade inflammatoire croissante.

Glandes sébacées
Les glandes sébacées sont des annexes cutanées vestiges de notre évolution primate.
Ces glandes représentent des réserves de cytokines pré-formées, attachées au follicule pileux. La glande vide son sébum vers le canal adjacent destiné à le faire remonter sur le follicule pileux externe, afin de lubrifier le poil et créer un film hydrophobe. Au cours de notre évolution, nous avons perdu l’abondance de poil de nos ancêtres primitifs, mais nous avons conservé la majorité de ces glandes sébacées. Cette lubrification huileuse n’a aucune utilité sur la peau et lui cause plus de tort que de bénéfices, voire des pathologies, en raison de sa nature pro-inflammatoire. Acné et rosacée sont les deux désordres cutanés les plus couramment rencontrés liés aux glandes sébacées et l’aspect clinique qui les caractérise est une réponse inflammatoire : focalisée dans l’acné, généralisée dans la rosacée.

Dr Rachael Eckel nous expose une approche thérapeutique efficace de la rosacée à la croisée des dernières notions de physiopathologie et des plus récentes et expertes avancées cosméceutiques.

Comprendre la rosacée
Dans la rosacée, les glandes sébacées en hypertrophie continu, produisent une quantité excessive et néfaste de sébum dont la composition chimique altérée est nocive. Chez certains patients, les glandes montrent une croissance exponentielle concentrée en certains endroits, conduisant à un aspect désastreux au faciès bulbeux, comme dans le rhinophyma.
L’inflammation cutanée liée au surplus de lubrification altère la perméabilité de la peau et affaibli la fonction barrière de l’épiderme. Ceci génère une sensitivité et irritation clinique via ce désordre séborrhéique rompant le délicat équilibre cutané entre eau, lipides et protéines. Cette tumultueuse inflammation chronique sourde et continue irrite également les mélanocytes conduisant à des troubles pigmentaires non-spécifiques. De plus, si un désordre pigmentaire existe au préalable, comme un mélasma, celui-ci est aggravé par ce sébum en excès. La réussite du traitement et de la gestion à long-terme du désordre pigmentaire seront donc conditionnés au contrôle de l’activité des glandes sébacées et du chaos qu’elles induisent.
En réponse à cette inflammation excessive, le corps met en place une réponse défensive via une vasodilatation à la surface de la peau, résultant en des rougeurs. Pour les patients dans la trentaine – lorsque la rosacée n’en est qu’à ses débuts – les rougeurs sont souvent discrètes et intermittentes, se manifestant par exemple par des flushs en réponse à un stimulus. Néanmoins, en raison de la nature évolutive de la pathologie, on observe progressivement la permanence de rougeurs conséquentes, accompagnée de télangiectasies dues à la destruction vasculaire. Le sébum dégrade également la texture et l’élasticité de la peau, conduisant souvent à des pores élargis et une peau à la texture rugueuse. Une hyperplasie des glandes sébacées peut également apparaître, s’ajoutant à la déformation structurale.
Le sébum bouche les pores, ce qui génère chez certains patients des pustules voire des papules. Une situation de pores obstrués associés à une dysfonction de la fonction barrière conduit les patients à une trompeuse sensation de sécheresse cutanée, les poussant à utiliser des produits hydratants. Mais cet usage inapproprié d’agents hydratants accélère la rosacée, causant un amincissement de l’épiderme (fragilité tissulaire), une accumulation de cellules (kératinocytes) mortes en surface (apparence rugueuse et terne de la peau, lésions acnéiformes), un dérèglement de la fonction barrière (sensitivité, sécheresse, inflammation) et réduit l’activité des fibroblastes, incluant une baisse de l’hydratation naturelle et de la production de glycosaminoglycanes (sécheresse). De plus, ces produits hydratants comportent des additifs colorants ou du parfum, qui sont souvent irritants et photosensibilisants.

Identifier la rosacée
La rosacée est une pathologie cutanée assez commune mais souvent négligée. En raison de sa symptomatologie et évolution polymorphes, le diagnostic est parfois difficile. À ses débuts, la rosacée est plutôt discrète et ses manifestations variables. Il existe de fait de multiples représentations (par exemple granulomateuse, oculaire) et chacune peut se manifester différemment selon l’âge ou l’ethnie. Certaines des manifestations caractéristiques comme les dommages texturaux, n’apparaissent pas au début, mais s’accentuent rapidement si la maladie n’est pas prise en charge.
Naturellement, les praticiens identifient plus facilement les formes les plus avancées et les plus évidentes de la rosacée. En pratique cependant, les états modérés prévalent et leurs discrètes manifestations peuvent inclure hypersensibilité, follicules dilatés, dyschromie, hyperplasie des glandes sébacées, et/ou érythème. Il est donc crucial que la peau soit minutieusement examinée par le praticien avant que cette pathologie soit écartée. Une dermatite séborrhéique est un autre indicateur de la maladie, se manifestant cinq fois plus souvent chez les patients atteints de rosacée. Des symptômes oculaires (hyperémie oculaire, photosensibilité) peuvent également orienter le médecin vers la rosacée. Chez les peaux foncées, elle peut apparaître conjointement à une hyperpigmentation post-inflammatoire autour des yeux en raison de l’inflammation chronique et d’un prurit provenant d’une dilatation des glandes tarsales.

Facteurs aggravants
La chaleur et le soleil sont les principaux facteurs aggravants de la rosacée et il a été observé que 87% des patients qui utilisent quotidiennement un écran solaire constatent une amélioration de leur rosacée. L’une des premières dispositions à prendre avant de débuter tout traitement devrait être d’aider le patient à identifier ses propres facteurs déclenchants ou aggravants et de le conseiller sur la manière de les éviter ou s’en protéger, à commencer par une protection solaire adéquate.

Dr Rachael Eckel nous expose une approche thérapeutique efficace de la rosacée à la croisée des dernières notions de physiopathologie et des plus récentes et expertes avancées cosméceutiques.Essais cliniques du Rozatrol
Notre clinique ayant obtenu l’opportunité par ZO Skin Health. Inc, de conduire des essais sur le Rozatrol, un prototype topique novateur développé pour contrôler et corriger les manifestations de la rosacée, mon objectif était d’évaluer son potentiel d’efficacité après six semaines d’utilisation, sur la réduction des manifestations et symptômes de la rosacée.
Cette étude a été effectuée aux Caraïbes, plus précisément à Trinidad et Tobago, sous la direction du Dr Zein Obagi, Directeur médical de ZO Skin Health et de Rick Woodin, Vice-Président du département recherche et développement de ZO Skin Health.
Trinidad présente un environnement qui constitue un vrai challenge pour le traitement de la rosacée, en raison du fort rayonnement UV, de l’humidité et de la forte pollution de l’air. En effet, l’île détient le second plus haut niveau de pollution de l’air à l’ozone par habitant, en raison de la production de combustible fossile. Pour la rosacée, la pollution de l’air est un ennemi particulièrement terrible, car il compromet la fonction barrière cutanée et aggrave la pathologie. Les niveaux élevés d’ensoleillement et d’humidité ajoutent encore à ce tourment, en augmentant d’autant plus la production de sébum et donc l’inflammation.
Lors du développement minutieux du protocole d’étude, il a été décidé d’éliminer agressivement l’excès de sébum et la pollution en surface de la peau, en raison de leurs effets négatifs sur la pénétration du produit, car même le plus formidablement efficace des produits topiques, échouera à démontrer ses prouesses sans une page vierge pour entamer son travail.
En vue de nettoyer et préparer correctement la peau dans son ensemble pour le Rozatrol, nous avons utilisé un protocole en trois étapes :

  • Nettoyage du visage durant 60 secondes, 2 fois par jour (Oilacleanse)
  • Exfoliation mécanique durant 60 secondes, une fois par jour (Offects Exfoliating Polish)
  • Tonification de la peau deux fois par jour (Cebatrol)
  • Rozatrol était ensuite appliqué, deux fois par jour, en le faisant correctement pénétrer.

Une approche complète
En s’appuyant sur les dernières connaissances scientifiques en pathogénèse de la rosacée, Rozatrol a été élaboré et conçu pour faire obstacle à la maladie dans son ensemble, en fournissant un complexe basé sur un système d’action à 5 niveaux distincts.
Son mécanisme d’action pour corriger et contrôler l’ensemble des caractéristiques de la rosacée sur les points cruciaux suivants :

  • Inhiber la production de sébum et modifier sa composition chimique afin de réduire l’inflammation.
  • Apporter un complexe kératolytique non acide, afin d’éviter toute irritation.
  • Modifier la réponse hypervasculaire pour contrôler la neuro-inflammation tout en améliorant l’aspect des télangiectasies.
  • Générer un système global de modulateurs de l’inflammation
  • Réparer les signaux neurogènes défectueux et restaurer la santé des neurones cutanés pour améliorer la communication cellulaire.

Dr Rachael Eckel nous expose une approche thérapeutique efficace de la rosacée à la croisée des dernières notions de physiopathologie et des plus récentes et expertes avancées cosméceutiques.

Méthode de l’étude
Rozatrol était appliqué deux fois par jour par les sujets participant à l’étude, sur une période d’évaluation cumulative de six semaines. L’objectif principal était d’évaluer son potentiel d’efficacité, plus spécifiquement sa capacité à minimiser les manifestations et symptômes de la rosacée et documenter tout effet secondaire.
Au total, un panel de neuf sujets, présentant une rosacée de modérée à sévère de plusieurs sous-types étaient évalués, la tranche d’âge étant comprise entre 32 et 78 ans, avec une absence de tout autre signe visible de pathologie cutanée, à l’exception de la rosacée. Des photographies cliniques (face, profil) ont été prises au départ, puis renouvelées de manière hebdomadaire afin de suivre les changements progressifs.
Nous avons évalué lors de cette étude une variété de manifestations visibles, spécifiques à la rosacée. Chacune était classée chaque semaine, selon sa modification (-1= intensification, 0= pas d’amélioration, 1= amélioration minimale, 2= amélioration modérée, 3= amélioration significative). Un score global était ensuite obtenu sur les changements observés chaque semaine.
Les patients étaient simultanément invités à noter chaque semaine les changements dans leurs symptômes, classés selon leur niveau de modification (-1= intensification, 0= pas d’amélioration, 1= amélioration minimale, 2= amélioration modérée, 3= amélioration significative). Un score global était ensuite obtenu sur les changements des symptômes chaque semaine.

Dr Rachael Eckel nous expose une approche thérapeutique efficace de la rosacée à la croisée des dernières notions de physiopathologie et des plus récentes et expertes avancées cosméceutiques.Résultats
Tous les patients ont montré de manière générale une amélioration significative de leur rosacée à l’issue des six semaines d’étude. Les manifestations se sont améliorées à hauteur d’une note globale de 2.5/3 et les symptômes de 2.9/3.
Les manifestations ayant présenté la meilleure amélioration étaient dans l’ordre suivant : texture (2.9/3), nodularité (2.8/3), sébum (2.7/3), érythème (2.5/3), télangiectasies (2.5/3), plaques rouges/dermatite séborrhéique (2.3/3), desquamation (2/3), décoloration (1.4/3) et zones inflammatoires (1.2/3).
Les symptômes ayant présenté la meilleure amélioration étaient dans l’ordre : sensations de picotements/brûlures (2.8/3), rougeurs/flush (2.3/3) et sécheresse/tiraillements (2.0/3).
Rozatrol a apporté une amélioration remarquable sur l’ensemble des lésions prises en compte.
À l’observation référentielle, 40 lésions avaient été décomptées parmi l’ensemble des patients. À la sixième semaine, elles étaient descendues à 13, représentant une amélioration de 68%.
Alors que l’évaluation de la rosacée oculaire n’était pas prise en compte à l’origine dans cette étude, tous les patients atteints de ce sous-type de la maladie, ont montré une amélioration de leurs symptômes (2.9/3) et manifestations (2.4/3), incluant hyperémie oculaire, prurit, brûlure, sécheresse, photosensibilité, inflammation des paupières et œdème péri-orbital.
Il est à noter qu’aucune des manifestations ou symptômes de la rosacée ne se sont aggravés au cours de l’étude et qu’il n’y a eu aucun abandon de la part des patients.

Discussion
Rozatrol a montré une excellente capacité à améliorer et à contrôler toutes les caractéristiques de la rosacée, en seulement six semaines.
Les remarques qui vont suivre méritent d’être prises en compte dans l’idée d’optimiser les performances cliniques de ce produit topique unique.

Dosage
Notre prototype de protocole contre la rosacée recommandait à l’origine d’utiliser l’équivalent d’une pression de pompe de produit, à appliquer sur l’ensemble du visage et tous les patients ont débuté le programme en suivant cette recommandation de quantité. Cependant, après les retours des patients à l’issue de la première semaine, la plupart ont déclaré que ce dosage était insuffisant et ne leur permettait pas de couvrir de manière homogène l’ensemble de leur visage. Un ajustement des doses a donc été décidé en prenant en compte la surface moyenne d’un visage, puis nous avons recommandé d’utiliser deux pressions pour les plus petits visages, trois pour les plus grands et nous avons maintenu ce protocole de dosage jusqu’à l’aboutissement de l’étude.
Sous-types de rosacée
Rappelons que la rosacée se manifeste sur un spectre symptomatique large et que les patients souffrant de rosacée érythémato-télangiectasique, phymateuse et oculaire ont obtenu le plus de bénéfices. En revanche, concernant ceux présentant une rosacée plus papulopustuleuse, l’amélioration fut moindre, particulièrement liée au nombre de lésions. Cette catégorie aurait peut-être nécessité une exfoliation un peu plus agressive et l’ajout d’un exfoliant chimique (acide lactique ou glycolique) aurait pu être pertinent.

Rayonnement UV
Il est désormais bien documenté que le rayonnement UV est le premier facteur aggravant de la rosacée, chez 81% des patients. Il n’est donc pas surprenant que 88% des patients souffrant de rosacée, rapportent une diminution de leurs poussées lorsqu’ils appliquent régulièrement une protection solaire. L’usage d’un écran solaire dans le cadre de cette étude a été volontairement omis, afin de ne pas biaiser les résultats du Rozatrol. Il convient toutefois de rappeler que les essais ont été conduits à Trinidad, la plus chaude des îles des Caraïbes et se déroulaient de plus durant la saison sèche, la période la plus aride de l’île.
Alors que les patients étaient donc quotidiennement exposés à un niveau significativement élevé de rayonnement UV tout au long de l’étude, générant inflammation constante, dérèglement de la fonction barrière et activation mélanocytaire entre autres. Rozatrol a donc démontré, indépendamment de ces facteurs UV-dépendants, d’excellents résultats. Naturellement, ceci a limité les bénéfices cumulés du Rozatroltm, celui-ci devant en permanence lors de l’étude « compenser » les effets néfastes du soleil sur la maladie.
En vue de limiter le facteur aggravant du rayonnement UV, les futurs protocoles devraient donc inclure l’usage d’un écran solaire inorganique, ce type de protection étant idéal pour la rosacée en raison de sa neutralité.

Conclusion
La rosacée constitue un désordre sébacé menaçant qui mobilise une cascade de manifestations inflammatoires délétères pour le visage, en déclenchant une réponse neurovasculaire inadaptée. Les traitements habituels sont souvent inadaptés, du fait souvent d’améliorations minimes et d’une incapacité à adresser la pléiade d’acteurs concourant à ce trouble inexorablement progressif.
Rozatrol représente donc un changement radical destiné à une prise en charge efficace de la rosacée, grâce à sa remarquable capacité à corriger et contrôler tous les mécanismes de cette pathologie, non seulement en s’appuyant sur les dernières connaissances scientifiques en pathogenèse, mais également en fournissant un complexe unique basé sur un mécanisme d’action à cinq niveaux différenciés et capitaux, permettant de faire obstacle à la maladie dans son ensemble.
En conclusion, les résultats du Rozatroltm sont remarquables et rapides, conférant aussi bien aux patients qu’aux praticiens un haut niveau de satisfaction.

Dr Rachael Eckel est dermatologue esthétique à Trinidad et Tobago dans les caraïbes, spécialisée en cosmétologie. Elle est titulaire d’une chaire à la Dr. Obagi’s ZO Skin Health International Faculty.

Publié dans Body Language N12

Author: Body Language

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