Sculpter le regard

Sculpter le regard

Les évolutions récentes en techniques chirurgicales de rajeunissement et embellissement du regard, offrent aux patients des procédures moins agressives et des résultats plus naturels. Dr Bernard Hayot revient en particulier sur les avantages du lipofilling et ses avancées récentes, dans le traitement de la région péri-orbitaire.

capture-decran-2016-12-14-a-16-25-36

Être chirurgien, était un rêve d’enfant et après quelques hésitations sur le choix de la spécialité, j’ai commencé à travailler sur les malformations faciales et je suis devenu plasticien ophtalmologiste. Il est vrai que j’adore les femmes et j’aime encore plus les embellir, je trouve toujours un petit détail à modifier pour les rendre encore plus belles, je regarde les visages, les regards et j’imagine ce que je pourrais faire, un peu comme un restaurateur d’œuvres d’art, je ne veux pas qu’on voit les traces de mon travail.
Si ma rencontre avec le botox comme antirides et avec son découvreur le Docteur Alastair Carruthers au début de ma carrière, fut une révolution, tout comme la chirurgie des paupières au laser et les débuts de l’acide hyaluronique, ma découverte de la lipostructure auprès de son inventeur, le Docteur Sydney Coleman, a réellement changé ma vision et j’ai vite compris l’enjeu et l’intérêt de cette nouvelle technique. En effet, le vieillissement n’étant pas dû à un excédent de peau mais à une fonte du volume graisseux, il n’est évidemment plus question de tirer la peau, mais de remplir un visage et c’est pourquoi je pratique la lipostructure depuis plus de quinze ans.
À la suite de mon premier voyage en Corée en 2012, pour me former sur les blépharoplasties asiatiques, je découvrais que 90% des patientes avaient moins de 30 ans et que leur vœu était plutôt d’embellir que de rajeunir. Il fallait donc parfaire la technique du Docteur Sydney Coleman en développant des techniques d’injection de graisse millimétrique, pour sculpter des visages de façon plus précise et obtenir un résultat encore plus naturel.
Les techniques de micro-lipostructure, d’injection de graisse dans les rides et de nano-lipostructure acquises ces dernières années sont la garantie d’un geste précis et finalement, bien plus une chirurgie de l’embellissement que du rajeunissement.
La révolution de demain viendra certainement de l’extraction des cellules souches de la graisse, ce qui fonctionne déjà pour le cou et les cernes colorées, mais pour moi, elle est déjà en marche.

La lipostructure, chirurgie esthétique du 21ème siècle
Longtemps en chirurgie esthétique, le rajeunissement du visage consistait à réaliser un lifting en « tirant la peau » du visage, mais cette technique présentait l’inconvénient majeur de donner un « surgical look » aux patients, trahissant leur recours à la chirurgie esthétique. L’arrivée et le développement de la lipostructure ou lipofilling du visage, technique permettant de rajeunir et d’embellir significativement et durablement un visage de manière naturelle sans avoir recours à un corps étranger ou à la chirurgie esthétique, représente un véritable tournant dans la prise en charge esthétique du patient.
Le lipofilling constitue désormais un traitement de choix pour un embellissement global en l’associant dans certains cas à un mini lifting du cou et de l’ovale du visage ou à une chirurgie des paupières.
Lorsque je le pratique au bloc opératoire, je m’attache à restaurer les volumes perdus en réinjectant la graisse autologue dans le creux de la paupière, les pommettes et les tempes, afin de restaurer les volumes qui ont fondu. Les injections de graisse permettent d’éviter les visages gonflés paraissant surinjectés avec l’acide hyaluronique et je prends désormais le parti de ne plus pratiquer d’injections volumatrices dans les cernes creux, car le produit n’est pas résorbable. Plus précisément, on peut atteindre un embellissement global à 3 niveaux :

  • La micro-lipostructure permet de restaurer les volumes fondus.
  • L’injection de graisse dans les rides permet de traiter les rides avec un produit naturel.
  • La nano-lipostructure consiste à injecter des cellules souches dans le derme permettant de redonner à la peau tout son éclat.

Depuis Sydney Coleman, l’un des premiers à comprendre il y a plus de 20 ans que le centre du visage ou « mid face », vieillissait avec une déflation, une diminution des volumes et qu’il fallait les restaurer pour rajeunir un visage, les techniques de lipofilling ne cessent de se moderniser et offrent une des meilleures solutions pour un comblement permanent des rides superficielles et d’expression dans le tiers supérieur du visage. De plus, grâce aux nouvelles techniques de préparation de la graisse, celle-ci peut passer à travers de très fines aiguilles et ces micros injections de graisse permettent d’espacer, diminuer ou remplacer les injections d’acide hyaluronique ou de botox. Elles sont également plus durables dans le temps et s’agissant de la propre graisse du patient, rendent impossible le risque de rejet.

La différence : la préparation de la graisse

  • Le prélèvement de la graisse
    Avant – Le prélèvement de graisse était effectué avec de grosses canules et des machines de centrifugation obsolètes.
    Maintenant – Le prélèvement de la graisse se fait avec des canules beaucoup plus fines, les points d’entrée sont plus fins et laissent moins de marques post-opératoires. Les canules ne mesurant que quelques millimètres de large permettent de prélever des micros adipocytes. Plus les cellules graisseuses sont petites, meilleure sera la prise de greffe avec les tissus receveurs. L’injection de micro adipocytes permet également d’éviter les inconvénients provoqués par les cellules graisseuses plus épaisses, tel que l’apparition de kystes.
  • La préparation de la graisse
    Avant – A l’époque de Sydney Coleman, la graisse était centrifugée, séparant l’huile du sang pour n’en extraire que la matière utilisée en lipofilling, mais la centrifugation donnait une graisse épaisse et fibreuse.
    Maintenant – La graisse est filtrée, puis « rincée » et « nettoyée » avec du sérum physiologique afin d’en extraire le sang et les impuretés. L’émulsion de cellules graisseuses est faite à partir d’un filtre spécial qui casse les cellules graisseuses. Elle est filtrée à l’aide d’un tissu en nylon. Cette essence de graisse qui contient beaucoup de cellules souches permettra de pratiquer les techniques de nano-lipostructure dans le cou, le décolleté et le visage en mésolift.
  • Réinjection de la graisse
    Avant – À l’époque, les canules d’injections étaient épaisses, ce qui rendait l’acte plus traumatisant pour la peau. Les lipofillings supposaient l’injection de grande quantité de graisse, le geste était moins délicat, l’injection moins précise et le patient plus marqué.
    Maintenant – Les canules utilisées sont beaucoup plus fines et n’excèdent pas quelques millimètres, les nouveaux lipofillings sont donc plus précis.
    La graisse, ayant été préparée différemment, peut être injectée pour différentes indications :
  • Liposculpture du visage pour un effet volumateur
  • Injection de graisse dans les rides
  • En mésolift via le nano lipostructure
  • La blépharoplastie d’addition

viellisementLe Nano Lipofilling
Le « NanoLipo » est une injection de cellules souches issues de la graisse qui permet de remplacer toutes les techniques de PRP, car il a été prouvé que la concentration en cellules souches est beaucoup plus importante au niveau de la graisse qu’au niveau du plasma. Afin d’extraire les cellules souches provenant de la graisse, on émulsionne d’abord les cellules de graisse en les cassant puis, en les filtrant à travers des instruments spécifiques, on obtient une sorte de « consommé » de graisse présentant une haute concentration en cellules souches. L’injection dans le derme sous forme de mésothérapie permet une revitalisation cutanée surprenante.
Cette technique permet également de traiter le cerne coloré, qu’il soit rouge, bleu ou violet. Les injections de graisse permettent en effet d’épaissir le derme et de créer une couche de protection entre la peau fine au niveau des paupières et les capillaires se trouvant en dessous. L’effet de transparence disparaît alors, grâce au nappage des cellules graisseuses entre la peau et les structures sous-jacentes. La teinte du cerne est ainsi corrigée.

Lipofilling du cerne
Les injections d’acide hyaluronique ne parviennent pas à combler les cernes de manière satisfaisante car elles présentent trois inconvénients majeurs :

  • L’acide ne se résorbe pas naturellement lorsqu’il est injecté dans le cerne, il faut alors le retirer en injectant un antidote, la Hyaluronidase.
  • L’AH injecté dans le cerne gonfle progressivement avec le temps, jusqu’à former une poche.
  • L’AH se voit à travers la peau très fine de la paupière, donnant un aspect encore plus bleuté au cerne, c’est l’effet Tyndall de L’AH.

C’est pourquoi dans le cerne, je privilégie l’injection de graisse qui donne un résultat naturel et définitif.

Lipofilling de la paupièresupérieure
La paupière supérieure peut être creuse, il faudra alors la remplir par de la graisse et les nouvelles techniques de lipofilling permettent de traiter ces zones délicates avec plus de précisions et de sécurité.
Lorsque la paupière présente une casquette qui n’est pas forcément due qu’à un excédent de peau, mais également à une fonte de graisse que l’on peut comparer à un sac qui se vide, en même temps que l’on coupe de la peau, il faut remplir la paupière, c’est la blépharoplastie d’addition.

Lipofilling des pommettes
Les pommettes bombées et saillantes sont un véritable atout pour les femmes et les hommes qui ont un visage trop émacié se creusant avec l’âge. Le lipofilling des pommettes consiste à injecter de la graisse sur le côté du visage et au niveau de la région malaire pour les rehausser.

Lipofilling des tempes
Les tempes se creusent très souvent avec le vieillissement et cet effet explique en partie la chute de la queue du sourcil. C’est en pratiquant une lipostructure au niveau de la tempe que l’on parvient à rehausser le regard, de façon subtile et naturelle.

Lipofilling des joues
Le lipofilling de la joue permet de remodeler les visages trop émaciés ayant souffert d’une déperdition de graisse à la suite de plusieurs régimes ou d’une perte de poids trop importante. Ce principe d’autogreffe de graisse dans les joues va permettre de manière instantanée et définitive de combler le vide laissé par la fonte des volumes du visage.

La Blépharoplastie d’addition
En 2015, lors du congrès Centrofacial Rejuvenation en Belgique, j’ai constaté les résultats incroyables de la blépharoplastie d’addition, une nouvelle technique révolutionnaire qui permet de rajeunir un regard en ajoutant du volume aux paupières, plutôt qu’en soustrayant de la peau ou de la graisse au visage du patient. En effet, la majorité des chirurgiens considèrent qu’il ne s’agit que d’un excédant cutané au niveau de la paupière supérieure et coupent la peau, creusant et modifiant le regard, alors même que cet excédent est certes, en partie dû à un relâchement de la peau, mais surtout à une fonte de graisse.  Cette observation se confirme d’ailleurs quotidiennement dans ma pratique, lorsque je consulte une photo de mes patients à l’âge de 20 ans – que je leur demande de me fournir lors de la première consultation – et que je constate que la paupière jeune était pleine et qu’avec l’âge elle s’est vidée, donnant l’impression d’un excédant cutané.
Depuis la découverte de cette technique opératoire, j’associe quasi systématiquement la blépharoplastie d’addition à la résection de peau ou de graisse classique. J’effectue le comblement et la restauration des volumes par microlipofilling, des injections précises, au millimètre près, qui me permettent de restaurer les volumes à partir de la propre graisse de mon patient.

capture-decran-2016-12-14-a-16-03-24Chirurgie des paupières au laser
Il s’agit d’une « one shot surgery », extrêmement délicate et qui nécessite une grande dextérité. Elle touche à ce que notre visage compte de plus précieux, le regard. Elle permet de traiter une paupière supérieure tombante (effet casquette), les poches sous les yeux qui donnent un aspect fatigué au regard (bourrelet de muscle ou de graisse), ou encore l’affaissement de la paupière inférieure qui vieillit et ternit un visage. C’est pourquoi je propose à mes patients des interventions sur-mesure selon les spécificités de leur regard.

La blépharoplastie supérieure
Cette chirurgie esthétique consiste à retirer l’excédent de peau et/ou de graisse qui se trouve logé dans la paupière supérieure. Également appelé dermatochalasis, cet excès de chair rend la paupière lourde et tombante, il ferme et vieillit le regard.
La blépharoplastie supérieure consiste à inciser le pli palpébral pour retirer la peau en excédent et une éventuelle hernie de graisse. Seule cette chirurgie permet de traiter l’affaissement de la paupière supérieure et d’ouvrir le regard sans en modifier l’expression, si on lui associe quand nécessaire, une addition de graisse.

La blépharoplastie inférieure
Pour traiter les poches sous les yeux, associées à un aspect fripé de la peau, j’utilise une association de techniques :

  • L’ablation des poches sous les yeux au laser par voie transconjonctivale.
  • Une « pinch » blépharoplastie qui consiste à retirer 1 ou 2 mm de peau en la pinçant et sans la décoller.

L’ablation des poches au bistouri laser
Cette chirurgie offre un résultat définitif sans risques de modification du regard et il n’y a pas d’âge pour la pratiquer car les poches sous les yeux peuvent être congénitales et héréditaires. Cette intervention permet de retirer les poches de graisse sous les yeux sans exérèse de peau, donc sans cicatrice, en passant à l’intérieur de la paupière grâce à un bistouri laser. L’utilisation du laser CO2 permet de garantir une incision d’une extrême finesse et la cautérisation simultanée des tissus pour éviter les saignements. La puissance du laser C02 permet également de faire disparaître l’eau présente dans les cellules graisseuses sous forme de vapeur. Une fois les poches retirées, le regard retrouve tout son éclat originel sans modification.
Il est nécessaire de faire appel à un chirurgien esthétique qui maitrise la voie transconjonctivale et qui sait manier le laser C02 ultra pulsé. Résultat, ni cicatrice visible, ni suture et fils à retirer, ni risque d’œil rond.

Traitement de la poche malaire : le lifting sous-palpébral
La poche malaire se caractérise par la ptose du muscle palpébral qui s’affaisse avec le vieillissement du visage, associé à la fonte graisseuse de la pommette. La boursouflure que crée le relâchement du muscle, au niveau de la pommette, en dessous de la paupière inférieure, est souvent pris pour une poche de graisse et donne l’impression d’une double poche responsable d’un regard fatigué et vieilli. Il n’existe aucun traitement capable de réduire la poche malaire, autre que le lifting sous-palpébral. Cette chirurgie nécessite une remise en tension du muscle orbiculaire, c’est à dire un lifting musculaire, consistant à accrocher le muscle orbiculaire pour faire disparaître la ptôse et effacer la poche. Le lifting sous-palpébral est généralement accompagné d’un lipofilling pour restaurer les volumes de la pommette, de la tempe ou pour traiter un cerne creux.

La blépharoplastie asiatique
Cette chirurgie esthétique des paupières est pratiquée sur les yeux bridés dont le pli palpébral est mal positionné ou inexistant. Cette intervention a pour but d’embellir le regard et de donner une forme en amande aux yeux asiatiques sans pour autant les « occidentaliser ».
Il existe plusieurs techniques :

  • L’épicanthoplastie consiste en une incision de l’épicanthus avec une suture de coin interne de la paupière supérieure pour ouvrir le regard et découvrir l’œil du patient.
  • La chirurgie des paupières asiatiques avec incision. Il s’agit d’inciser horizontalement la paupière supérieure pour repositionner le pli palpébral en fonction des envies de chaque patient. Cette intervention permet de traiter les rides et les surplus de peau pour rajeunir le regard et peut être associée à l’ablation des poches de graisse qui alourdissent la paupière.
  • La chirurgie des paupières asiatiques sans incision. Dans certains cas, il est possible d’effectuer une blépharoplastie asiatique de manière percutanée sans effectuer d’incision et donc sans laisser de cicatrices. La technique, également connue sous le terme « technique des perles » consiste à pratiquer 5 à 6 sutures entre la paupière supérieure et le tarse palpébral (cartilage de la paupière). Cette chirurgie esthétique des paupières permet de réduire les suites post opératoires et le temps de cicatrisation lié aux incisions. Autre avantage non négligeable, la technique est réversible et le patient peut revenir au pli palpébral originel de manière rapide et aisée.

Conclusion
Nous l’avons vu, si la blépharoplastie et le lipofilling ne sont pas nouveaux, les techniques chirurgicales et médicales esthétiques associées ont pourtant considérablement évolué ces dernières années, notamment dans la préparation de la graisse et les procédures d’injection, devenues extrêmement précises.
Les procédures d’embellissement et de rajeunissement du regard associant chirurgie au laser et micro injections de graisse permettent une prise en charge esthétique harmonieuse en restaurant les volumes perdus, et offrent des résultats de plus en plus naturels, en accord avec les demandes des patients, le tout sans cicatrices et une éviction sociale réduite.  Mais la véritable révolution qui s’annonce, réside certainement dans le développement des techniques d’injection de cellules souches, pour toutes les spécialités médicales. Les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) en sont les prémices, mais les récentes études confirmant une concentration nettement plus élevée en cellules souches dans la graisse, laisse une place de choix au lipofilling, en vue d’un rajeunissement global au niveau des volumes et de la qualité de peau. Ces techniques, dont la Nano Lipostructure du visage, vont se développer dans les années à venir et ouvrent d’intéressantes perspectives thérapeutiques.

Dr Bernard Hayot est ophtalmologiste de formation, ancien interne des hôpitaux de Paris et a été chef de clinique au Centre National d’Ophtalmologie des Quinze-Vingts. Pionnier dans le traitement des rides et du développement de la médecine esthétique, il fut l’un des premiers utilisateurs en France de la toxine botulique et s’est spécialisé en techniques de rajeunissement et embellissement du regard. Expert internationalement reconnu en chirurgie des paupières, techniques chirurgicales au laser et lipofilling, il est également auteur de deux ouvrages à destination du grand public.

Author: Body Language

Share This Article On