Soleil & médecine esthétique

Soleil & médecine esthétique ou comment faire d’un obstacle un atout

Choix cornélien que de poursuivre ses traitements esthétiques ou profiter pleinement du soleil, et qu’en est-il pour ceux qui y sont exposés toute l’année ? Soleil et procédures médicales esthétiques sont-ils véritablement incompatibles ? Dr Mickaël POIRAUD nous rappelle qu’aux effets néfastes du soleil, s’opposent ses bienfaits et que celui-ci est conciliable avec certaine procédures, grâce à une réponse médico-esthétique adaptée.

Voilà l’été et l’arrivée du soleil tant attendu, tout le monde est dehors, sur les terrasses, dans les jardins, à la plage, et tout le monde respire et transpire la joie de vivre, sauf peut-être celle tenant son rôle de barrière face aux agressions extérieures, notre chère et tendre peau. L’été, symbole de vacances sous les feux du Dieu Hélios, synonyme de farniente et de repos souvent bien mérité.
Mais n’oublions pas les chanceuses et chanceux qui bénéficient d’un ensoleillement de tous les instants, tout au long de l’année, les expatriés, les voyageurs parcourant le monde ou encore les business women/men.
Alors comment faire du soleil un allié ? Ou comment se jouer de lui ? Comment réconcilier ces « meilleurs ennemis » et continuer à lutter contre le vieillissement cutané. Car en effet, le soleil est un des facteurs majeurs du vieillissement de la peau, 90% des modifications cutanées étant liées à l’exposition solaire. Pourtant, le soleil est aussi le régulateur principal du rythme circadien et il est indispensable à la production de vitamine D.

Dr Mickaël POIRAUD nous propose une réponse médico-esthétique adaptée à la période d’été

Soyons donc « Sun Smart »
L’idée principale et essentielle est de pouvoir continuer à traiter les signes de vieillissement cutané, tout en profitant des bienfaits du soleil. C’est pourquoi il me semble intéressant et nécessaire d’avoir une approche globale de cette problématique. Les stratégies thérapeutiques à notre disposition sont multiples, à nous de les associer pour créer un plan d’attaque le plus efficace possible. Il s’agira donc d’un savant mélange de nutrition, micronutrition, compléments alimentaires, cosmétologie, photobiomodulation, injectables et peelings.

Mécanismes biologiques du photovieillissement
Avant de s’attacher aux solutions, attardons-nous un peu sur les causes et les mécanismes du photovieillissement. Nous le savons, l’exposition chronique ou aiguë au soleil induit prématurément des signes de vieillissement cutané et ce sont plus précisément les ultraviolets qui en sont les premiers facteurs, UV qui ces dernières décennies sont en augmentation sur la surface de la terre, conséquence directe d’une diminution de l’ozone stratosphérique 1.
Parmi les rayonnements UV, nous distinguons les UVA (320-400nm), les UVB (280-320nm) et les UVC (200-280nm), les deux premiers étant les acteurs du vieillissement, car les UVC sont bloqués par l’ozone.
Les UVB sont les plus énergétiques, ils sont responsables des coups de soleil et de certains mécanismes de carcinogenèse, ils représentent 2% des UV et pénètrent la peau (0 à 20% atteignent le derme).
Les UVA représentent 98% des UV atteignant la surface de la terre, ils sont moins énergétiques et ont donc une pénétration plus importante (20 à 30% atteignent le derme moyen), ils stimulent la synthèse mélanique, mais aussi la formation de radicaux libres, ont une toxicité indirecte de carcinogenèse et induisent un vieillissement prématuré.
Le ratio UVA/UVB varie selon les latitudes, l’heure et les saisons 2. L’héliodermie provoque des désordres histologiques et physiologiques qui entraînent des altérations structurelles et fonctionnelles. À savoir, une atrophie dermo-épidermique avec modification de la membrane basale, une diminution de la prolifération des kératinocytes, une augmentation du nombre des kératinocytes dysplasiques, ainsi qu’une diminution des mélanocytes et des cellules de Langerhans. S’ajoutent à cela, une perte de l’élasticité avec dépôts anormaux de tissu élastique (élastose), des modifications des Glycosaminoglycanes dermiques (augmentation du nombre de GAGs, mais dépôt dans le matériel élastotique au niveau du derme superficiel), des dilatations vasculaires et des fragilités vasculaires. Au niveau moléculaire, on observe une diminution de la synthèse des collagènes de type 1, 2, 7 ; une augmentation des radicaux libres et des MMPs (métalloprotéinases) ; une diminution de l’action des enzymes antioxydantes (SOD, catalase) et la présence de cellules inflammatoires 3,4,5. Toutes ces modifications fragilisent la peau et créent les signes visibles du vieillissement cutané. La classification de Glogau 6 permet d’avoir une approche assez simple et des repères communs aux professionnels pour la mise en place de traitements adaptés.
Après ces brefs rappels sur la physiologie du vieillissement cutané, attelons-nous à trouver les meilleures solutions pour contrer, ralentir, voire inverser les attaques du temps sur le plus grand organe et le plus visible de notre corps humain, la peau.
Comme je ne cesserai de le marteler, la prise en charge thérapeutique doit être au centre d’une vision globale pour contrôler le stress oxydatif et réparer les lésions cellulaires.
Si les yeux sont le miroir de l’âme, la peau est en grande partie le reflet de notre fonctionnement interne. Une des bases essentielles de la prise en charge en médecine esthétique et anti-âge concerne donc la nutrition, la micro nutrition et les compléments alimentaires. Pour diminuer au maximum le stress oxydatif lié aux radiations solaires, il convient d’apporter à la peau tous les outils nécessaires à sa défense et ainsi renforcer la fonction de barrière.

Choix cornélien que de poursuivre ses traitements esthétiques ou profiter pleinement du soleil, et qu’en est-il pour ceux qui y sont exposés toute l’année ? Soleil et procédures médicales esthétiques sont-ils véritablement incompatibles ? Dr Mickaël POIRAUD nous rappelle qu’aux effets néfastes du soleil, s’opposent ses bienfaits et que celui-ci est conciliable avec certaine procédures, grâce à une réponse médico-esthétique adaptée.Apports de la nutrition / micronutrition
Au niveau nutritionnel, que l’on soit chez soi, en vacances dans un hôtel ou en campement sous une yourte, il est important de ne jamais oublier quelques bases scientifiques d’une alimentation anti-âge, qui sera équilibrée et variée. Aussi, pour que l’absorption des nutriments soit optimale, il convient de s’assurer au préalable que notre système digestif et à fortiori notre microbiote soit en pleine forme. Une bonne alimentation anti-âge associe acides gras polyinsaturés, protéines animales et/ou végétales, céréales, légumineuses, légumes et fruits de saison.
Je recommande également de mettre particulièrement l’accent sur les antioxydants naturels, qui vont permettre de lutter contre la formation des ROS liée au soleil :

Choix cornélien que de poursuivre ses traitements esthétiques ou profiter pleinement du soleil, et qu’en est-il pour ceux qui y sont exposés toute l’année ? Soleil et procédures médicales esthétiques sont-ils véritablement incompatibles ? Dr Mickaël POIRAUD nous rappelle qu’aux effets néfastes du soleil, s’opposent ses bienfaits et que celui-ci est conciliable avec certaine procédures, grâce à une réponse médico-esthétique adaptée.

  • L’ail frais ou en poudre, par augmentation de l’activité enzymatique SOD et catalase et une diminution des MMP 1 et 2, non dose dépendant, une consommation régulière est suffisante 7.
  • Le soja riche en isoflavones associé à la chlorophyte contenant de l’astaxanthine (caroténoïdes) va agir en se liant aux récepteurs de la vitamine A, ce qui entraîne une stimulation de la production d’acide hyaluronique. On retrouve l’astaxanthine dans le saumon, les crevettes et le homard, ce qui peut permettre de lier l’utile à l’agréable. Cette association permet de réguler la synthèse de MMP1 et MAPK et donc de prévenir les effets induits par les UVB8.
  • La fraise, un des fruits phares de la saison estivale est intéressant, notamment associé au coenzyme Q10 dans la lutte des effets indésirables des UVA sur les fibroblastes, avec un fort potentiel antioxydant, car très riche en anthocyanines9.
  • L’aloe vera, en compléments alimentaires est utile pour se protéger des UVB10, ainsi que l’ingestion de glutathion, un des antioxydants les plus puissants qui a une action directe sur la tyrosinase, effet potentiellement éclaircissant sur la peau. Cependant, les études réalisées à ce jour sont divergentes concernant la dose nécessaire et la durée du traitement.
  • Le Ginseng a lui aussi un effet contre les UVB et permet de réguler la synthèse du pro collagène 1 et les MMP1 avec un effet hydratant important 11.
  • Le thé vert est un allié de taille dans la lutte contre le stress oxydant, car il est très riche en catéchines (polyphénols)12.

Et l’on n’hésitera pas à bénéficier de nombreux compléments alimentaires à notre disposition pour aller encore plus loin dans l’approche micronutritionnelle. Les mélanges proposés par les laboratoires spécialisés sont de plus en plus intéressants et complets, ils sont composés d’antioxydants, acide alpha lipoïque, glutathion ; de vitamines A, B1, B2, B3, B5, C, E ; d’oligo-éléments, zinc, sélénium, iode, fer, magnésium. Certains proposent des apports oraux en acide hyaluronique13 et les résultats sont plutôt prometteurs, grâce à une transformation des polysaccharides d’AH, par les bactéries intestinales, en oligosaccharides d’AH au niveau du gros intestin et une distribution de ceux-ci jusque dans la peau. Et bien entendu, n’oublions pas l’importance d’une hydratation régulière et en quantité adaptée aux conditions climatiques, l’exposition aux UV entraînant une déperdition plus importante en eau.

Contribution de la cosmétologie
Le moyen le plus répandu et utilisé pour se protéger des méfaits du soleil est le recours à l’écran solaire ou filtre solaire en topique, cette fameuse crème solaire plus ou moins agréable à appliquer sur la peau. Il est d’ailleurs assez difficile pour nombre de consommateurs de s’y retrouver entre filtres chimiques, minéraux, organiques ou inorganiques. Les composés inorganiques les plus connus et utilisés étant l’oxyde de Zinc (UVA) et le dioxyde de titane (UVB)14. Mais sans vouloir entrer dans des débats orageux concernant l’origine naturelle, le bio ou pas bio, la tendance actuelle et la demande émanant des patients est aujourd’hui à l’utilisation de molécules le plus naturelles possible. C’est pourquoi il me paraît légitime de mettre en lumière quelques données récentes et intéressantes sur ces composés d’origine végétale qui permettent une photoprotection.
L’utilisation des flavonoïdes présents naturellement dans les fruits et légumes, comme la quercétine (câpre, piment, chocolat, oignon), le kaempferol (fraises, brocolis, épinard) ou la galangine (propolis) en usage topique est une voie de photoprotection très intéressante15. Dans l’idée de régénération cellulaire et tissulaire, la Cassia Fistula permet l’inhibition de la collagénase et de la tyrosinase, avec une augmentation de la production de collagène et d’acide hyaluronique 14.
Une préparation de plantes médicinales, mélange de 11 plantes différentes, notamment des feuilles d’hibiscus, utilisée au Sri Lanka en application topique montrait l’obtention d’un SPF >25 avec une absorption maximale entre 260-350nm, par la transformation des composés inclus dans la crème en métabolites, aux pouvoirs antioxydants et absorbant les UV15.
Des avancées également très prometteuses se dessinent, via l’utilisation de composés organiques micronisés comme les TBPT, filtres UV les plus efficaces connus jusqu’à présent sur le marché. Ils viennent s’intégrer directement aux lipides de la couche cornée, en absorbant les UV (UVB++), ils sont résistants à l’eau, mais leur fabrication coûte très cher et la commercialisation n’est pas encore effective. Un de ses cousins, le BEMT, également filtre organique soluble dans les lipides est déjà utilisé dans les écrans solaires et la cosmétologie, il est cependant moins puissant 16. L’utilisation de vecteurs pour amener les ingrédients actifs directement là où l’on souhaite, ouvre des perspectives incroyables notamment pour les peptides, composés essentiels de la bonne santé cellulaire. Par exemple, les peptides de signalisation aux propriétés anti élastase, anti collagénase et anti hyaluronidase, ce qui permet d’augmenter la protection de la peau en jouant sur l’ensemble de ses systèmes de défense. On citera les SLN (Solid Lipid Nanoparticles) comme futures alliés de la médi-cosmétique 17.
Je n’oublierai pas non plus de mentionner des produits actifs phares dans la lutte contre le vieillissement cutané, que l’on peut et que l’on doit utiliser tout au long de l’année sans risques de photosensibilisation. Entre autres, la vitamine C, la vitamine B3, la vitamine E, les caroténoïdes, les lycopènes ou le resveratrol.
Une parenthèse particulière s’impose, concernant l’utilisation ou non des AHAs et de la vitamine A dans les crèmes médi-cosmétiques lors d’une exposition solaire plus intense. Doit-on arrêter ces produits actifs ? La réponse n’est pas manichéenne et doit s’adapter de manière individuelle. Les AHAs et la vitamine A par ses actifs – rétinol, acide rétinoïque, rétinaldéhyde -, sont des produits essentiels de la médecine esthétique et anti-âge. L’acide glycolique a d’ailleurs démontré une action anti-inflammatoire majeure (par diminution des ROS) et de photoprotection, notamment contre les UVB. Ils permettent une réorganisation du collagène et des fibres élastiques, une restauration du collagène par néosynthèse et une diminution de l’hyperpigmentation18. Une étude récente19 montre la possibilité de maintenir un traitement associant rétinaldéhyde et acide glycolique lors de périodes ensoleillées, mais avec utilisation d’un filtre solaire, sans risque d’hyperpigmentation ou d’inflammation cutanée. On recommandera cependant aux patients qui souhaitent s’exposer de manière intense, de stopper ces produits actifs durant la période d’exposition et l’on conseillera aux patients soumis à un ensoleillement chronique mais modéré, de les maintenir sous condition d’une protection par filtre solaire adaptée.

Et si le soleil devenait notre allié ?
En effet, le soleil n’est pas seulement composé de néfastes UV, mais aussi d’infrarouges (IR). Ces IR situés entre 760nm et 1mm, représentent 40% des radiations solaires. On en distingue 3 bandes, dont les IR-A=NIR (Near Infra Red) 760-1400nm, à qui l’on doit cette sensation très agréable de chaleur sur notre peau lors d’une exposition au soleil. Dans une étude récente 20, on étudiait l’utilisation de la lumière visible et des IR-A sur la peau pour en faire de la photobiomodulation (PBM), afin d’obtenir un préconditionnement et une préparation cutanée. Mais attention, des IR-A trop intenses ou trop dosés ont des effets néfastes en augmentant la production des MMP1. Une exposition quotidienne à des doses et irradiances adaptées, c’est-à-dire un maximum de 50mW/cm2, a un effet bénéfique sur le collagène et la lutte contre les lésions cellulaires dues aux UV (augmentation du précollagène et diminution des MMP1).
Alors un grand oui à la salutation au soleil, ou « Surya Namaskar » pour les initiés, en photobiomodulation de prévention et encore un grand oui à la procrastination de fin d’après-midi sur la plage, pour une photobiomodulation de réparation des lésions cellulaires accumulées durant la journée. Donc, « si ton ombre est plus grande que toi, tu auras tous les avantages des IR-A sans les inconvénients des UV ». C’est ça être « Sun Smart » !
Et si les agendas de nos vies trépidantes ne permettent pas ces traitements de PBM naturels, nous pouvons, grâce aux LEDs présentes dans nos cabinets, réaliser des traitements préventifs en utilisant ces IR-A. Nous pouvons les proposer, soit en prévision d’une exposition solaire inhabituelle comme un séjour au soleil au cours de l’hiver, soit tout au long de l’année pour les patients soumis à une exposition chronique, patientèle internationale, voyageurs ou expatriés par exemple.

Une bonne préparation de la peau grâce aux injectables
Injecteur dans l’âme, je soulignerai le rôle essentiel des injectables dans la lutte contre le vieillissement cutané et l’on utilisera au choix ou en association, la mésothérapie, les skinboosters et le Plasma Riche en Plaquettes (PRP). Mais pourquoi cet intérêt ? Car une peau stimulée et bien hydratée se défend beaucoup mieux contre les radiations néfastes du soleil.
Stimulée, non seulement par la multi poncture elle-même, d’où l’intérêt de la mésothérapie ou l’utilisation de rollers pour une stimulation dermique importante, mais aussi par l’intermédiaire des produits injectés.
Hydratée, en apportant localement et directement dans le derme des mélanges de vitamines, oligo-éléments, acides aminés, acide hyaluronique non réticulé (mélanges à utiliser en technique de mésothérapie) ; en apportant de l’acide hyaluronique réticulé comme dans les Skinboosters pour une hydratation majeure et une stimulation fibroblastique renforcée ; ou en utilisant le PRP comme il est suggéré dans une étude récente 21, car il permet une stimulation de la synthèse du pro collagène 1, d’acide hyaluronique et de la TIMP1 et permet de prévenir l’apparition des radicaux libres oxygénés liés aux émissions UVB.

Peelings et soleil : entre mythes et réalités
L’association peelings et soleil est une question que je me suis posée de nombreuses fois et assez peu d’études en font part, si ce n’est qu’elles nous rappellent juste que les peelings chimiques profonds et moyens sont les plus à risque de réactions hyperpigmentaires, effet secondaire redouté et le plus à craindre en période d’ensoleillement. Une préparation cutanée en amont (pré peeling) est primordiale, à l’aide d’une cosmétologie composée d’acides de fruits (AHAs) ou de vitamine A et d’agents dépigmentants. En effet, même si ces composés favorisant la stimulation cellulaire sensibilisent la peau en premier lieu, ils permettent sur un moyen et long terme de la rendre plus forte aux attaques des radiations solaires. Ainsi, si tout le monde s’accorde sur le fait que la réalisation de peelings profonds ou moyens est contre indiquée lors de périodes de fort ensoleillement, car ils demandent une observance de protection par filtre solaire plus importante ; la réalisation de peelings superficiels aux AHAs, semble tout à fait réalisable sous certaines conditions, notamment une compliance totale des patients (patients connus et suivis)22.
Tout d’abord, comme nous l’avons vu précédemment, une préparation de la peau par des substances dépigmentantes et de stimulation dermique en topique est nécessaire, associée à l’usage de filtres solaires adaptés. Puis la réalisation de peelings superficiels en faisant une titration douce et très progressive en dose et durée. Enfin, de nouveau l’utilisation, en post peeling, de cosmétiques associant des agents dépigmentants (acide kojique, dérivés de la vitamine A, AHAs, arbutine, et autres antioxydants) et bien sûr l’utilisation systématique de filtres solaires avec un SPF 50, cet adage étant valable pour tout patient, qu’il ait ou non reçu des traitements type peelings.

Dr Mickaël POIRAUD nous propose une réponse médico-esthétique adaptée à la période d’étéEt les hommes dans tout ça ?  
Les patients hommes sont de plus en plus nombreux dans nos cabinets et ce segment est en croissance perpétuelle, d’où la nécessité d’être en mesure de répondre à leurs demandes et questionnements 23, et de prendre en compte quelques spécificités qui leur sont propres.
On soulignera tout d’abord des différences anatomiques et histologiques avec les femmes.
Les hommes ont une musculature faciale plus forte qui entraîne des rides d’expression plus marquées, leur peau est plus épaisse, contient plus de fibres de collagène, est plus grasse et plus vascularisée. Mais cela ne change en rien leur vulnérabilité et leur sensibilité aux radiations solaires. Les dégâts physiologiques seront seulement retardés dans le temps, mais les signes du vieillissement en seront d’autant plus visibles (rides plus marquées, irrégularités pigmentaires).
Mais les différences ne s’arrêtent pas seulement à ces comparaisons physiques. Leur comportement et leur relation aux soins, aux cosmétiques et de manière plus générale à la médecine esthétique et anti-âge, ne sont pas encore aussi naturels que chez la patientèle féminine. Pourtant, si les hommes sont moins enclins à avoir recours à des traitements esthétiques et anti-âge, leur apparence et l’image qu’ils peuvent dégager leur est tout aussi importante que pour les femmes 24. Notre rôle va donc être de les accompagner, les conseiller et les intégrer dans un schéma de prise en charge la plus globale possible. Car si plusieurs études montrent que les hommes utilisent beaucoup moins de protection solaire que les femmes et sont donc plus confrontés au risque d’hyperpigmentation cutanée 25, 26, les comportements masculins sont en train de se modifier. Les principes de traitement seront les mêmes pour la nutrition et la micronutrition. Concernant la photobiomodulation, en plus de l’utilisation des IR-A, on ajoutera une longueur d’onde de 590nm, qui a démontré une action anti-inflammatoire majeure sur la peau de l’homme23. Du point de vue cosmétique, nous privilégierons les soins de type sérum ou les crèmes de texture légère pour une meilleure observance et l’on insistera sur l’hydratation de la peau (émollients, AH et antioxydants) et la protection solaire.

Conclusion
Que l’on soit dans l’attente des premiers rayons de soleil annonçant une période estivale tant attendue ou que l’on bénéficie d’un ensoleillement chronique tout au long de l’année, la prise en charge esthétique et anti-âge doit et peut se maintenir. Comme nous l’avons vu, nous pouvons intelligemment associer les armes dont nous disposons dans notre arsenal thérapeutique, afin de lutter contre les signes du photovieillissement cutané.
En premier lieu, il convient d’éduquer et conseiller nos patients en nutrition, micronutrition et compléments alimentaires, sur le rôle primordial d’un microbiote en bonne santé et des apports journaliers en aliments fonctionnels gorgés de vitamines, antioxydants, oméga 3 et oligo-éléments, car c’est une base essentielle et nécessaire.
Nous pouvons bien sur miser sur la cosmétique avec l’utilisation des écrans solaires, en majeur partie des composés inorganiques mais bientôt remplacés par des composés organiques micronisés plus intéressants, des antioxydants naturels en topique, ainsi que le maintien d’une stimulation cellulaire, les avancées technologiques dans ce domaine étant prometteuses.
Il est également intéressant de « mettre en lumière » l’apport bénéfique des radiations du soleil dans le spectre du visible et les infra-rouges (IR-A) dans le cadre d’une photobiomodulation préventive et curative.
Poursuivre les traitements injectables en vue d’une réhydratation superficielle, moyenne ou profonde grâce à la mésothérapie, aux skinboosters et au PRP, mais aussi repenser et étudier le rôle des peelings superficiels notamment lors d’une exposition chronique au soleil, leur intérêt pouvant être supérieur aux risques d’hyperpigmentation.
Enfin, pour notre patientèle masculine, il n’existe pas de différences majeures concernant les traitements réalisés, même si quelques réajustements thérapeutiques sont parfois nécessaires, notamment en vue d’une meilleure observance de leur part en matière de protection solaire. Et n’hésitons pas à redéfinir avec eux les bases de la médecine esthétique et anti-âge et à les accompagner dans la découverte du monde de la cosmétique et des injectables.
En conclusion, savoir profiter des bienfaits du soleil sans en subir les conséquences néfastes, tout en poursuivant la lutte contre les signes du vieillissement, c’est ça être « Sun Smart » !

Dr Mickaël Poiraud est Médecin esthétique et anti-âge, titulaire d’un DIU en Mésothérapie (Université Paris VI), d’un DU en Médecine Morphologique et Anti-Age (Université Lyon 1) et en Techniques d’Injection et de Comblement en maxillo-facial (Université Paris-Créteil). Il partage son activité entre Paris et Genève, où il se spécialise dans les traitements de la patientèle masculine. Il est Membre de plusieurs sociétés savantes dont l’AFME et la Société Française de Mésothérapie (SFM).

Author: Body Language

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