Tatouage : Enfin une norme !

Tatouage : Enfin une norme !

Le projet de norme européenne sur le tatouage est ouvert aux commentaires des professionnels du tatouage et des praticiens de santé, qui sont invités à participer à cette enquête publique jusqu’au 15 octobre 2017.

D’application volontaire, cette norme européenne sur les bonnes pratiques d’hygiène de tatouage est un document attendu pour harmoniser la sécurité des consommateurs et des tatoueurs en Europe. Engagé en 2014 à l’initiative de l’Allemagne, ce projet de norme est donc ouvert à vos commentaires jusqu’au 15 octobre en France, avant que cette future norme européenne soit mise à disposition au premier semestre 2018.

Il s’agit donc de la phase finale d’un projet mené par 11 pays* dont la France, représentée par une commission nationale de normalisation réunissant différents acteurs du marché qui ont participé à la définition d’exigences communes à l’égard de cette pratique très populaire, qui séduisait 14 % des Français fin 2016, contre 10 % en 2010 **.

shutterstock_400560895Une norme volontaire au bénéfice de tous
Chaque tatoueur en Europe pratique son métier selon ses propres techniques et dans un contexte réglementaire national très variable selon les pays, voire absent. En conséquence, la sécurité du tatoué comme celle du tatoueur est difficile à garantir, dépendante en grande partie des compétences des tatoueurs en hygiène ; de l’organisation des locaux ; de la préparation du poste de travail ; des méthodes de désinfection, stérilisation et gestion des déchets ; des informations transmises au consommateur ou encore des procédures de soins post-tatouage.

Cette démarche de normalisation européenne a donc été essentiellement engagée en vue d’améliorer les pratiques d’hygiène, mais sur le principe du volontariat cher à cet exercice, la norme n’étant pas d’application obligatoire.
Cette future norme NF EN 17169 prendra la forme d’un « mode d’emploi » de l’acte de tatouage, étape par étape, assorti de recommandations et d’exigences sur la bonne gestion du matériel et des locaux.
Le tatoueur européen qui choisira de l’appliquer saura précisément, grâce aux annexes du document, comment réagir face à un accident d’exposition au sang, nettoyer ses outils avec des ultrasons, stériliser ses équipements ou encore réaliser un lavage hygiénique des mains, selon les recommandations de l’OMS. Comme le précise Olivier Laizé, vice-président de la commission AFNOR et porte-parole du syndicat national des artistes tatoueurs « les Français ont mis à profit leur expérience en pesant dans les discussions pour que le texte reste pratique et orienté vers les tatoueurs. Ceux qui s’y conformeront pourront valoriser leurs bonnes pratiques auprès de leur clientèle et garantir la sécurité de tous ».

Un travail commun d’harmonisation
Le document proposé est donc le résultat d’un consensus établi après de nombreuses discussions et constitue une véritable avancée pour ce secteur en Europe. Dans son ensemble, Il satisfait la commission française, qui a réuni pour ce projet, des fournisseurs/importateurs de produits, des tatoueurs, des hygiénistes, des autorités de santé et des représentants de centres de formation.

L’enquête publique ouverte actuellement vise donc à faire connaître plus largement ce projet auprès des tatoueurs, de leurs formateurs, mais aussi des professionnels de santé comme les dermatologues, infirmiers ou médecins. Leur avis sera pris en compte et complètera la position de la France qui sera ensuite défendue au niveau européen, face aux autres pays.
Dans le cas de la France, même si « La réglementation française à l’égard du tatouage a été pionnière en Europe et cadre déjà bien les choses » déclare Danièle Chiambaretto, président de la commission de normalisation AFNOR et pharmacien au sein de l’Agence régionale de santé Occitanie, elle ajoute que « La norme européenne aidera néanmoins les acteurs du domaine à harmoniser les pratiques d’hygiène. Ce sera aussi une première base commune pour uniformiser les formations en hygiène et améliorer la sécurité des consommateurs, comme celle des tatoueurs ».

En conclusion, au regard de l’explosion du nombre de personnes tatouées dans le monde ces dernières années et de l’engouement qui ne faiblit pas, la future norme européenne est à ce titre intéressante. Bien que sur la base du volontariat, elle permettra aux clients et futurs tatoués s’ils le souhaitent, de choisir leur tatoueur en fonction de leur adhésion à celle-ci.
Un regret néanmoins, cette norme ne couvre pas la question de la composition des encres, pourtant aujourd’hui sujettes à controverses et souvent impliquées dans les complications allergiques, sans parler de leur rôle lors de procédures de détatouages, qui eux aussi se multiplient.

Participer à l’enquête publique

* Les 11 pays participants au projet sont : l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Irlande, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Suisse et la Slovaquie.
** Etude IFOP pour le SNAT : « Les Français et le tatouage » – janvier 2017

À propos d’AFNOR :
AFNOR est l’organisme français de référence pour les normes volontaires. Il gère la collection des documents qui existent et anime les travaux des parties intéressées pour la création, la révision des normes et pour défricher les sujets pouvant donner matière à en élaborer de nouvelles. Lancée à l’initiative des acteurs du marché, la norme volontaire est un cadre de référence qui vise à fournir des lignes directrices, des prescriptions techniques ou qualitatives pour des produits, services ou pratiques au service de l’intérêt général. Tout le monde peut participer à sa création et toute organisation peut ou non l’utiliser et s’y référer. C’est pourquoi la norme est dite volontaire. En coordinateur de la normalisation en France, AFNOR affiche une ambition : contribuer à la diffusion de bonnes pratiques et de solutions efficaces, au bénéfice de tous. www.normalisation.afnor.org

Author: Body Language

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